Musastrales, tel est le nom du blog où vous trouverez mes récits de voyages, les petits et grands événements de ma vie, mais aussi les textes de mes oeuvres, des livres et poèmes aimés, et les étapes dans ma recherche de la sagesse.
JIM n° 3
A l’horizon des oreilles (n° 1 : spectacle off)
Le jazz. En arrivant à Marciac j’ai vu une camionnette bleue sur laquelle était inscrite : je roule au gaz. Spontanément j’aurai plutôt lu : Je cool au jazz.
En plus des voitures semblant danser car tournant et retournant à la recherche vaine d’une place, le jazz vous accueille en arrivant dans la ville. Un lac séjourne paresseusement à proximité de la ville, le spectacle off se déroule aussi là-bas. Mais c’est sur la place de Marciac, sous la voilure cette année aux couleurs or et vert du Brésil que les sons colorés et rythmés retentissent avec le plus d’auditeurs. Connaissez-vous Sandy Patton et Mina Agossi (?) Elles vous charment par leurs voix chaudes et profondes, d’une incroyable puissance d’évocation. La première est réputée dans de nombreux clubs de jazz et dispose d’un charisme enthousiasmant. La seconde, franco-béninoise, manie sa voix et nous entraîne dans les belles contrées du jazz.
Que dire de ces spectacles du off où les spectateurs s’installent sur les chaises, un libération gratuit (car sponsor de l’événement) à la main, qu’ils délaissent bientôt fascinés par ce qu’ils entendent ? Certains par terre, d’autres assis, d’autres encore debout, tous s’agglomèrent à proximité de décibels. Je rends hommage aux élèves du collège de Marciac. Leur maîtrise de l’instrument ou de la voix et leur assurance étonnent et séduisent. De jeunes personnes entament des parties de saxo comme les grands, ainsi le jeune eurasien de 16 ans nommé Huang invité par un groupe déjà confirmé : le François Chassagnite Quintet. Ou bien la belle et jeune norvégienne Sofie Sörman ( ?), de rouge vêtue, heureuse de dédicacer une chanson pour l’anniversaire de sa mère, présente à Marciac. La liste est longue.
Du festival off, on peut retenir aussi son humour. Ainsi, ce Canadien donnant les mélodies qu’il a composé, en particulier celle en souvenir de l’époque où il mettait en musique la chasse par 20 garçons de 10 cochons oints de graisse qu’ils devaient rattraper pour pouvoir les garder.
De l’émotion aussi, lorsque le père et le frère de Michel Petrucciani jouent avec brio leurs répertoires. Le Tony Petrucciani Trio a donné, pour le plus grand plaisir des auditeurs, In A Sentimental Mood, Nuages, Summertime… Il est des moments où le temps semble s’arrêter.
Il est difficile de s’arrêter. Il faut au moins évoquer le groupe marseillais (dont un pianiste Israélien) NewTopia. Le pianiste, dans l’émotion musicale, plie son corps au rythme des accords. Le saxo – et go, et go, et go – enfonce les touches du sax, lève le pieds, vibre… Une composition après, et c’est toute la détresse d’une situation douloureuse qui transparaît au filtre des notes…
Entre spectacle off et spectacle in (sous le chapiteau sont conviés les plus grands) les liens sont nombreux. Tel Sara Lazarus et son quartet, passant en 1ère partie avant le très grand Wynton Marsalis. La chanteuse est issue du spectacle off. Elle offre toute sa voix, se donne entièrement à son spectacle. Il émane d’elle une grande chaleur conquérant la salle. Ses partenaires sont parmi les plus grands français : Gilles Naturel à la contrebasse et Alain Jean-Marie de Pointe à Pitre puis de Paris au piano. Nous retrouvons ce même Alain Jean-Marie et sa virtuosité délicate et swingante au off, mais bien en retard après s’être un peu trop attardé du côté des arènes la vielle. A ses côtés on compte aussi Olivier Temime, le saxophoniste présent au côté de Marsalis l’avant-veille. Ils pourraient être sous le chapiteau tant l’audition ravit les spectateurs, les transportent…
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