Musastrales, tel est le nom du blog où vous trouverez mes récits de voyages, les petits et grands événements de ma vie, mais aussi les textes de mes oeuvres, des livres et poèmes aimés, et les étapes dans ma recherche de la sagesse.
J’évade… Jean-Va de …. Reims
Récit de voyage (février 2006)
L’agrégation, triple épreuve de trois fois sept heures et une fois cinq heures… dix neuf heures en tout… se déroule dans un collège universitaire. Le plaisir du défi intellectuel se double d’une compétition physique.
Attendre une demi-heure dans le froid que les portes soient ouvertes. Toilettes à l’étage, parfois cadenassée par crainte des dégradations causées par les collégiens. Ceux-ci hurlent dehors… Quel plaisir d’embêter des profs !
Sur les tables trop petites il faut mettre copies doubles et feuilles de brouillons, règles normographes, crayons de couleurs, papier d’identité et convocation, stylos, et laisser la place pour les feuilles des sujets retournées. Mon en-cas est par terre, écrasé dans un bruit sec par un concurrent !
Au sortir de la composition, le ventre nous tenaille, nous appelle… La moindre odeur est supplice et gourmandise. Les extrémités des doigts triangulaires à force de tenir stylos et crayons, nous agitons nos poignets douloureux. Et maintenant il faut attendre.
Le retour à la chambre d’hôtel réserve des joies : trottoir gelé, visages fermés des Rémois dans le froid vif piquant la chair. Dans l’hôtel les corridors se succèdent, il faut allumer la lumière avant de sortir dans un corridor à l’air libre. Chambre 23 : tout droit, dans le froid. Arrivé au bout : rien ! Je tourne, dans un recoin je devine l’escalier. Je le gravis. Au-delà de cette pente raide un petit palier et, dans un coin une porte blanche portant le n°3. Voisine un post-it indiquant : chambre 23.
Dans la chambre d’hôtel, j’installe mes affaires de révision sur un lit, mon corps immense sur l’autre. Loin des bruits, une table et un halogène, je peux travailler, et, bizarrement, m’épanouir.
En échange d’une tentative de réparation de la télévision, Marie avait préparé mes affaires de toilette pour Reims, je me retrouve donc sans gant, ni produit douche ou champoing ! Je ris, sort, et achète tout cela avec des oranges maltaises dont l’odeur embaume ma « cellule » de travail. Leurs chairs sucrées me régale.
Après l’épreuve de géographie : deux visites. La première consiste en celle de la médiathèque de la cathédrale et de son superbe fond. Qu’est-ce qu’on est bien dans une bibliothèque ! La seconde est la réalisation d’une promesse : « Si le sujet tombe sur l’Afrique, je me rends au restaurant luso-africain la Kitanda ». Cylène, la Cap-Verdienne qui tient ce restaurant me fait découvrir la cuisine de l’Afrique « portugaise » et me parle de ses voyages : Angola, Mozambique, Portugal, Toulouse ! Et bien sur Cap-Vert dont elle est native.
Les compositions comportaient ces sujets intéressants mais parfois complexes. En histoire : « Mémoire et souvenirs de la "Grande Guerre" en Europe (1919-1940). La difficulté consistant à réaliser un plan doté de parties équilibrées. La seconde épreuve en géographie portait sur "Les littoraux de l'Afrique". La carte est à réaliser à main levée. Les candidats adverses ont commencé à écrire au bout de 10 minutes, il semble en effet qu'ils aient vus ce sujet en cours de leur préparation ! Dommage pour moi. La dernière épreuve de cinq heures oblige de lire entre une dizaine et une vingtaine de documents. Il faut les étudier rapidement, en extraire informations scientifiques, historiographiques et traitement pédagogique. Le temps est court…
Après cette ultime épreuve, retour. Dans la voiture nous reprenons le chemin de Troyes en tentant où de deviner : mais où est la montagne de Reims ?
Une semaine de cours, la fatigue s’est incrustée dans mes os… la délivrance des vacances. Je me remets à Gérardmer dans de toutes autres conditions.
Jean-Youri
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