Musastrales, tel est le nom du blog où vous trouverez mes récits de voyages, les petits et grands événements de ma vie, mais aussi les textes de mes oeuvres, des livres et poèmes aimés, et les étapes dans ma recherche de la sagesse.
Haïku du cerisier
Le cerisier fleurit, en grappes blanches elles auréolent les branches au printemps… Le thé vert reflète la lumière du jour. J’aurais aimé que mes amis, autour du cerisier, participent au renga. Cette cérémonie japonaise se déroule lorsque les cerisiers sont en fleur. Unis, ils élaborent en harmonie un poème collectif. La beauté du poème provient de l’écoute de l’ensemble.
Cette année encore, seul, je pose ma chaise près du cerisier. Je souris à la lumière. Mon carnet à croquis et à poèmes offert par ma petite sœur et mon meilleur ami à la main, je dessine et compose… j’ose rêver.
Qu’est-ce qu’un haïku ? Il s’agit d’un court poème japonais suivant des formes définies. Il comporte 3 vers de rythme 5 7 5. Il évoque la nature, une saison. C’est une forme classique de la poésie japonaise.
Bashô Matsuo (1644-1694) est considéré comme l’un des pères du haïku.
Haïku du cerisier, par Jean-Youri
Printemps
Le cerisier en fleur,
soleil éclatant.
Ses pétales, comme des lèvres de femme. Contemplation
Le papillon joue dans les vents,
l’enfant ri.
Le soleil, immobile à midi, les regarde.
Parfum
Les pétales en grappes blanches
dodelinent au souffle léger…
Les parfums encensent le jardin.
Lumière
La lumière caresse le cerisier
blanc et floconneux.
Branches chargées de pétales lumineux. Chants
Ciels bleus à l’infini,
l’oiseau s’envole,
le vent chante dans les fleurs.
Pluie de pétales
Comme une pluie…
Les branches vibrent sous l’envol de l’oiseau,
Le poète, cheveux blanchi de pétales ! Apparence
Le tronc, vieux d’écorce fripée,
porte le vent, les pétales, les oiseaux :
L’éternelle jeunesse de la nature. Horizon
L’océan vert de l’herbe
recouvert de l’écume des pétales tombés,
horizon infini.
Faux lit
Les narines vibrent,
le cœur tapant :
le poète, fou pour les hommes.
Vertical
L’insecte, élégant noir
gravit de la feuille à la fleur.
Le soleil, si haut.
Blanc
Neige au printemps
ou pluie de pétales
L’oiseau pépie. Lit
Le lit d’herbe,
le voyageur est l’insecte.
Mon visage pour lui, montagne.
Grotte
Il vole, pétale ou insecte ;
ma narine devient grotte.
La montagne assoupie s’éveille. Perte
L’abeille vole
dédaignant le cerisier.
Un pétale, sur le point de se décrocher.
Abeille
L’abeille dans la bouche de la fleur
Pétales blancs, ailes lumineuses.
Disparue. Une couronne de fleur tremble. Soir
Moucherons en myriades.
Déjà la nuit ?
Les pétales deviennent gris.
Course
Minuscule araignée sur ma jambe
huit pattes sur la mienne !
Cavalcade folle…
Vol
Plus haute que l’homme