Musastrales, tel est le nom du blog où vous trouverez mes récits de voyages, les petits et grands événements de ma vie, mais aussi les textes de mes oeuvres, des livres et poèmes aimés, et les étapes dans ma recherche de la sagesse.
Ce pays du silence précédé de Trop ardente et l’Inexorable, poèmes de Charles Juliet
A l’exemple de l’Affût les poèmes sont des brefs fragments, brindilles lumineuses se suivant et formant l’incendie d’un sens. Quelles clés pour comprendre, pour voir le sens ?
Trop ardente
Qu’est-ce qui est trop ardente ? La faim.
« Trop ardente
la faim repousse
ce qui pourrait l’apaiser »
Cette faim prend fin, peut-être, dans la délivrance poétique, dans l’acte de créer :
« nourris-toi de ma faim tu soulageras ma douleur »
La faim semble désigner la recherche du poète, son effort conscient et exigeant de l’esprit envers l’être. Au cours de la succession des poèmes, la faim laisse la place au naufrage :
« Le naufrage
première porte
de la connaissance »
« laisse la mer
t’arracher à la grève
et t’abandonner
au cœur
de ses immensités. »
L’Inexorable
Là encore, qu’est-ce qui est inexorable ? N’est-ce pas la quête de la vérité intérieure… Il ne suffit pas d’être sincère pour être vrai et authentique. Dans cette suite de fragments le combat entre la lumière –l’exigence de vérité- et l’ombre –ce qui en soi se refuse à se dévoiler- est fort.
« Je te fouillais
et restais sourd
à tes gémissements
tu me détestais
te dérobais
m’appelais
l’ inexorable. »
L’inexorable exigence de savoir ce qui est en soi se révèle encore dans cette métaphore où joue l’opposition entre lumière et ignorance.
« là où cesse
ma lumière
commencent
les terres
de l’énigme ».
Ce pays du silence
Cette contrée suscitant la nostalgie est la maternité, le ventre qui porte l’enfant. L’enfant puis l’homme ne cesse de ressentir comme une sensation - liée à aucun souvenir – le manque… le désir d’être dans la jouissance première.
« Chassé du dedans
nu
nu
à jamais nu
nu
le voici désormais voué
au dehors
à l‘exil »
La comparaison vient à l’esprit, en rapprochant ce thème avec un autre cher au poète, celui de la sphère(-matrice ?), au début du recueil.
« ces déplacements
infimes
pour me situer
au centre
de cette sphère
qui n’existe
que par moi. »
Puis, vient l’enfance
« ses joues saignent
coupées
par ses larmes
de pierre »
se succèdent la vocation du poète avec l’interpellation des choses demandant à exister par l’évocation des mots, les doutes et souffrances du poète devant sa création à formuler…
« particulier étrange un silence te peuple te grandit te maintient dans sa sphère ».
Le dernier ensemble de poèmes s’aventure dans les chemins de la création poétique.
« Qui vit dans l’ignorance de soi
n’a aucun accès à la connaissance. »
« Seul le regard qui s’inverse peut rencontrer cette lumière
que délivre la connaissance. »
« Ces mots qui naissent du silence continuent à lui appartenir.
Me gardent auprès de la source. »
« Les mots qui naissent de ma substance
me donnent à vivre ce qui sans eux
aurait croupi dans mes limbes. »
Jean-Youri
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