Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 21:52

 

 

Episode 5 : Entraînement

 

 

« L’enfance se termine maintenant » hurla-t-il avant d’abattre son épée dans sa direction. Thémis n’eut que le temps de plonger sur le bol. Immédiatement elle se releva et d’un bond tenta de transpercer de sa lame la poitrine de son père. La longue épée de l’elfe l’en empêcha. Le tintement métallique des deux armes résonna dans l’arène. Déjà, la lourde hache de Granit sifflait dans les airs pour tenter de pénétrer son casque et sa tête. Thémis se fendit et laissa la hache entraîner dans son plongeon le nain. Elle sauta sur la lame fichée dans le sol et d’un mouvement gracieux se servit de cet appui pour se rapprocher mortellement de Granit. Encore une fois la lame de Lume s’interposa.

« L’entraînement prend fin » clama-t-il de sa voix belle et profonde. Granit se mit à rire. « La fillette devient chaque jour plus dangereuse. Demain, son épée parviendra à me raser la barbe » Son regard brillait d’affection et de fierté pour Thémis. C’est lui qui avait insisté pour réaliser ses séances d’entraînement. Lume avait appuyé cette demande pour renforcer la cohésion de l’équipe. Les séances se succédaient, pendant lesquelles Thémis acquerrait les talents d’archers et d’épéistes des elfes, apprenait le maniement des haches naines, perfectionnait ses talents de bretteurs avec son père. Jour après jour elle devenait davantage un point d’union de la troupe. Elle connaissait désormais d’autres volontaires comme la femme elfe Anaor ; Charidas le forgeron nain magicien ; Erion le musicien humain et guérisseur. Beaucoup de visages amis, souriants et pourtant graves.

 

Thémis grandit rapidement pendant cette période. La cérémonie d’éternité pouvait enfin se dérouler. Peu de temps après, l’expédition sans retour vers Chaos débuterait….

 

Repost 0
11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 14:55

 

 

Episode 4 : Contact avec l’être de Lumière

 

Granit le nain poussa un nouveau rire. Il fit passer d’une main puissante à l’autre un grand marteau de pierre, jouant parfois à le jeter en l’air et à le rattraper tout en se rapprochant de Thémis. Lume, circonspect, lança un regard interrogatif à chacun des membres présents avant de le poser à nouveau sur Thémis. Il vit alors le nain changer d’attitude, faisant tournoyer son marteau avec une étonnante célérité Granit profita de cette accélération pour projeter l’arme sur la jeune fille. Surprise, cette dernière n’eut que le temps de rouler sur le côté pour éviter le marteau. La roulade s’acheva en une réception parfaite sur ses deux jambes. Immédiatement Thémis sentit le souffle du combat s’insinuer en elle. L’entraînement intensif avec son père guida ses actes. Elle entama une nouvelle roulade pour devancer le nain courrant de ses courtes jambes vers le marteau, l’empoigna en l’élevant au dessus de sa tête. Ses muscles réagirent face au poids du marteau en envoyant des signaux de douleurs dans tous le corps de Thémis. Son souffle se fit plus court et plus profond. Les yeux étincelant elle entreprit de faire tournoyer le marteau devant le regard stupéfait de Granit. Le nain vit l’arme siffler dans les airs puis être lancée vers lui, incrédule, immobile.

            La queue du dragonnet fouetta l’air à la rencontre de l’arme et dévia sa course vers un espace vide. Thémis se tenait droite, les mains saignantes. Lume état auprès du nain, d’une course incroyablement rapide il l’avait rejoint et offrait sa protection au nain stupéfait. La jeune fille distinguait avec difficulté l’elfe dont la chemise semblait se fondre avec le mur, le sol, dissoudre la réalité pour la rendre invisible.

Son père la souleva de terre, la ceinturant malgré ses cris. La force sans tendresse qu’il déploya alors la choqua au plus profond d’elle-même. Il employait contre elle les techniques de combat qu’il lui avait apprise. « Je ne suis pas ton ennemi » hurla-t-elle en se débattant.

 

« Se battre contre des amis est-ce la voie que tu veux suivre ? » La voix semblait si calme et noble. Thémis sentit immédiatement refluer en elle la colère. Sa respiration s’apaisa et elle cessa de se débattre. L’être de Lumière semblait si proche, elle sentit la chaleur et la lumière se promener sur son visage, s’insinuer dans ses membres et calmer ses émotions. Elle décida de regarder le guide des peuples de chair. Etincelant, vibrant de lumière, il sembla se dilater. L’aura gagna Om dont les bras redevinrent pour Thémis un doux berceau protecteur. Tendrement, il la serra contre elle. Lume tomba à genoux et releva la tête, extatique. Granit le nain tremblait, les yeux clos. Fir, le dragonnet ressentait pour la première fois le contact avec un être de Lumière. Ses pattes cédèrent sous son poids et sa tête roula, erratique, sous l’agitation de ses rêves. Ses écailles se hérissèrent puis s’abaissèrent. La bouche de Fir s’entrouvrit, des syllabes rauques formant un chant s’élevèrent, de plus en plus rapides.

 Les compagnons retrouvèrent le contrôle de leurs émotions, lentement. Les yeux de Fir n’étaient plus rouges sang, mais jaunes éclatants. Granit riait maintenant. Il avait voulu effrayer la jeune fille mais n’avait pas prévu la vivacité et la puissance de ses réactions. Lume seul semblait ne pas vouloir quitter la douce transe qui l’avait envahi.

 

Granit fut le premier à parler. « Jeune fille, nous autres nains avons coutume d’effrayer ceux qui veulent agir comme nous jusqu’au moment où ils nous égalent. Alors, ils se joignent à nous. Il me coûte de le dire mais tu m’as surpris et surpassé. Dès aujourd’hui, si ton père l’autorise, je veux t’entraîner moi-même car rares sont ceux de la race des hommes capables de soulever et utiliser ce marteau. »

Om acquiesça. Thémis ferma le poing jusqu’au sang pour retenir ses larmes de joie. « Quoiqu’il advienne » se jura-t-elle « jamais je ne laisserai ceux que j’aime s’éloigner de moi. Si tu veux combattre le dieu Chaos, père, je serais avec toi jusqu’à la fin. »

 

Repost 0
4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 23:52

 

 

Thémis sentit une douceur merveilleuse pénétrer en elle. Un instant auparavant l’effroi s’emparait d’elle, la peur glaçait son sang et durcissait sa chair. Maintenant une chaleur agréable l’environnait et la protégeait. L’être de Lumière avait étendu son aura jusqu’à elle, la protégeant dans sa chute.

Lentement, à regret, elle ouvrit les yeux. Au-dessus d’elle des visages inconnus la dominait. Elle chercha son père et le vit, son regard brillait en se posant sur elle d’un mélange de surprise, de peur et de fierté.

« L’ennemi n’est pas entre nos murs. Il s’agit de ma fille ! » dit de sa voix calme Om.

« Pour une telle indiscrétion, ceux de mon peuple ont la queue arrachée. Je puis déchiqueter une jambe si vous le désirez… ». Le dragonnet tentait de contenir sa colère de s’être laissé surprendre, mais les écailles le couvrant irradiait désormais d’une chaleur préludant à l’haleine enflammée des dragons pris par la colère ou la fureur du combat.

L’elfe éleva sa voix chantante « Pour nous autres, êtres de chair, les membres arrachées ne repoussent pas… L’enfant recevra de ses actes la sanction décidée par son père. »

Thémis se releva avec toute la vitesse que lui permettait son âge. Fièrement campée sur ses jambes elle fixa ses interlocuteurs, le grand et bel elfe, le petit barbu et costaud, et même la chose écailleuse occupant un coin de la place. Evitant seulement le regard de son père et celui de l’être de Lumière, elle lança son défi : « Ne parlez pas de moi comme si je n’étais pas là. Je décide seule de mes sanctions. La mienne sera de suivre mon père dans sa guerre contre le Chaos. » Thémis se retint de tirer la langue. L’envie de rire pourtant la prenait en voyant le nain tirer sur sa barbe jusqu’à allonger ses poils démesurément.

« Nous avons fait le serment de n’emmener avec nous que les volontaires, mais tous les volontaires » coupa alors la voix forte de son père. « Cependant je demande, être de Lumière et juge de nos conduites, que cette enfant ne vienne pas… » Et puis sa voix se brisa.

 

« Elle seule peut décider de son destin. De nombreuses  fois elle a écarté ma demande mentale de s’éloigner de cette réunion. Rien, pas même moi, ne put la convaincre tant est fort l’amour envers son père… Je suis cependant prêt à accepter de relever Om de cette expédition s’il le désire. »

La douce lumière émanant de l’être lumineux s’étendait dans la pièce, caressant le visage de Thémis, gagnant les autres membres de l’assemblée.

 

« Le serment est irrévocable » Le sang retiré du visage Om poursuivait avec une froide détermination. « Je dois guider ceux de mon peuple qui veulent combattre pour le reflux du Chaos. Je demande néanmoins le temps de dissuader ma fille de me suivre »  Le rire du nain bondit hors de sa gorge et gagna chaque coin de la pièce « Ou alors de l’entraîner ! Je connais ce genre d’enfant et ils sont plus obstinés que le granit le plus dure»

 

Repost 0
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 13:32

 

            Thémis rampait le long de l’interminable couloir d’aération. Ses lourdes nattes tressées attachées derrière sa nuque râpaient parfois le haut du tunnel. Elle n’avait pas hésité à s’échapper de la surveillance de sa grande sœur pour tenter de voir son père dans la salle du Grand Conseil. « Om le vénérable » disait la foule de gens à l’école comme sur les places en parlant de lui. « Om le sage, celui qui guidait depuis cinq cent merveilleuses années la destinée de la dimension des humains ». « Om le courageux », rajoutaient certaines voix chuchotantes, « prêt à affronter les assauts du dieu Chaos ». Thémis ne souhait pas cela. Dans sa tunique grise métal elle avait grimpé le long de la paroi du Conseil sans sentir la douleur gagner ses poignets, s’infiltrer dans ses doigts. Puis, mi-glissant mi-tombant, elle s’était engouffrée dans le tunnel. Elle connaissait par cœur le plan du quartier de Rencontres. Ainsi l’avait voulu son père désireux de la voir lui succéder. « Ah quoi soupirait-elle alors. Une fois la cérémonie d’Eternité faite la vie ne cesse jamais et l’ordre des choses n’a pas de raison de changer ! » Tout en continuant son chemin en se cognant les genoux aux parois, elle comprenait avec effroi que le moment de la succession arriverait peut-être aujourd’hui. Elle devait l’empêcher…

Thémis sentit la peur affluer en elle. Devant elle le tunnel semblait ne jamais devoir finir. Les ténèbres, à peine percées de faibles lueurs de loin en loin, s’assombrissaient toujours davantage. Elle inspira de toutes ses forces puis bloqua sa respiration. Elle voulait s’empêcher de haleter car elle savait alors que la panique l’envahirait. Elle relâcha l’air lentement, en dominant son souffle, puis, maîtrisant sa peur, elle reprit sa progression.

Le temps sembla ne plus passer. Puis la lumière jaillit, brutale, aveuglante. Thémis cilla et prit le temps de s’habituer à la nouvelle luminosité. Il lui sembla qu’une nouvelle lumière avait succédé à la précédente : un éclat doux et joyeux, léger et caressant. Un être de Lumière était proche d’elle. Elle le ressentit en son cœur. Elle su alors qu’il connaissait sa présence et la protégeait.

Dans son esprit se formaient des idées de retour, sans doute venues de l’être de Lumière. La jeune fille les écarta et reprit sa reptation avec lenteur, sans bruit. Elle entendit les voix s’élever, celle calme et puissante de son père, une autre modulée et belle ne pouvant qu’appartenir à un elfe. Deux autres enfin, caverneuses, terribles et fortes.

L’elfe citait des noms inconnus et chantants. Thémis comprit à la tristesse dans sa voix qu’il s’agissait des héros destinés au départ sans retour vers le Chaos. La voix rocailleuse enchaîna. Thémis écoutait difficilement, son cœur s’emballait à un rythme de plus en plus fort. Son père allait dire le nom de ses amis, de ses parents, peut-être le sien. Elle se mordit les lèvres jusqu’au sang lorsqu’Om éleva la voix. Malgré cela elle ne put se retenir et cria lorsque son père cita son nom en premier de la liste.

Thémis se sentit basculer, comme si le tunnel dans lequel elle s’était abritée disparaissait soudainement. La chute fut accompagnée de cris de surprise et aussi d’un sifflement saurien de colère. La queue du dragonnet fouetta les airs, menaçant de s’abattre sur elle.

 

Repost 0
14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 16:17

 

Chant I : L’alliance des êtres de chair et de feu.

 

 

Les vagues de l’océan de magma se soulevaient par millions, frappées par les immenses éclairs tombant sur elles comme des épées célestes. Le magma explosait alors violemment en éclats écarlates et orangés. Le tonnerre retentissait sans cesse, couvrant le fracas des explosions et des geysers de magma. Les éclairs bleus aveuglants emplissaient toute l’étendue du ciel orageux. Mais, rescapées du massacre, des vagues frappaient par milliers les cinq rangées des remparts circulaires de la cité, toujours en vain. La guerre de l’Océan Chaos et du Ciel durait depuis la création des Univers, déchaînant une violence sans fin et sans espoir.

La ville de Rugissantes brillait d’une douce lumière jaune, ainsi en avait décidé dans cet univers son dieu créateur. Contrastant avec la violence extérieure, à l’abri des remparts circulaires, les bâtiments de pierre blanche s’élevaient gracieusement à l’intérieur de la ville. Les habitants devisaient sur les questions du savoir et de la sagesse avec de douces voix calmes et belles. Entre les colonnades de marbre constellées de joyaux lumineux, le peuple de philosophes vivait un bonheur éternel. Les allées bruissantes des conversations menaient en deux grands axes principaux sur une place centrale. Le bâtiment du Conseil réunissait d’ordinaire les plus sages pour discuter une nouvelle fois philosophie, décider l’organisation de la ville. Très rarement, il abritait une réunion secrète devant influer sur l’extérieur. Mais tel était le cas : les représentants des races connues se taisaient, soucieux.

 

Les travées de pierre sur lesquels étaient assis les délégués montraient l’élégante simplicité de la culture de Rugissantes. Aucune fioriture n’encombrait le regard. La régularité des lignes constituait la beauté du bâtiment, des travées de l’amphithéâtre superposées les unes aux autres jusqu’au dôme du plafond laissant irradier la lumière jaune et vivifiante. La salle du Conseil était immense, et pourtant, les délégués se tenaient dans des endroits éloignés les uns des autres, n’ayant visiblement aucune envie de trahir leurs pensées en se laissant examiner de trop près.  

Un elfe  blond au regard bleu caressait d’une main distraite une mèche de sa longue chevelure tombant jusqu’à sa ceinture. Ses vêtements scintillaient de couleurs étranges et belles : la chemise brodée tombant jusqu’à ses genoux, une ceinture de liane vivante et ondulante autour de la taille, ses sandales nouée autour de la cheville. Son maintien noble et sa voix posée indiquaient un guide de son peuple. Le petit homme presque nu, portant une couronne de pierre ornée de riches joyaux, parlait avec une puissance surprenante pour sa taille. Sa mâchoire carrée, ses muscles noueux et son ossature forte montraient un homme fort, respecté par le peuple des nains. L’homme, de plus petite taille que l’elfe, faisait s’entrechoquer ses bracelets d’or et d’argent en soulignant ses paroles par ses gestes. Revêtu de légères plaques de métal, le délégué des humains parlait avec animation. Attentifs mais silencieux, les deux autres ambassadeurs regardaient et écoutaient.

Un être de Lumière voletait au dessus de la scène. Une lumière douce émanait de lui, apaisante et bénéfique. Occupant la majorité de la salle à lui seul, le corps enroulé sur lui-même, un dragonnet fixait avec attention les uns puis les autres en fonction de leur prise de parole.

 

 

 

L’elfe Lume parlait avec calme des incessantes attaques du dieu Chaos à l’extérieur de la cité. Attaques toujours plus puissantes et nombreuses. La douceur et la beauté de sa voix emportaient la conviction de ses auditeurs.

« Chaos peut être vaincu. Mais en aucun cas en laissant communiquer nos dimensions car cela serait la fin de la paix de notre cité et des dimensions qu’elle protège. »

Les yeux de Fir le dragonnet s’étrécirent en un mince ovale. La main du Nain Granit se souleva pour monter jusqu’à son cœur et souligner son accord. Om, l’humain, observait en silence.

« Les champions partiront sans espoir : aucun retour ni joies à attendre dans cette lutte amère. Ce sera une mission de sacrifices sur plusieurs générations. La Porte Sans Retour peut permettre d’envoyer ces héros. »

« A quoi cela servirait-il si c’est pour succomber aussitôt ! » interrogea Om. « Nulle part en cette immensité de magma nos champions ne pourraient s’abriter ou survivre. »

En un geste d’une grâce exquise l’elfe tourna sa main vers le dragonnet Fir, représentant unique de son espèce au sein de la cité.

La langue des Dragons n’a rien de commun avec celle des autres espèces. Totalement télépathique, elle nécessite pour être entendue d’avoir été en contact avec la Mère des dragons ou la présence d’un être de Lumière. Ce dernier se rapprocha de l’Assemblée.

La voix rocailleuse du dragon ressemblait au crépitement du feu et aux bruits de rochers se brisant.

 

« Notre Mère accepte de vous recevoir en son sein le Ciel intérieur pour unir nos griffes et nos lames contre Chaos. Depuis la Création, jamais Mère n’a pu se poser sur un abri. Tous ses enfants jaillis hors de son sein ont été dévorés par les flammes et le magma. J’apporte cette nouvelle : l’alliance des races de chairs et de feu. »

 

Repost 0

Présentation

  • : Musastrales
  • : Musastrales, tel est le nom du blog où vous trouverez mes récits de voyages, les petits et grands événements de ma vie, mais aussi les textes de mes oeuvres, des livres et poèmes aimés, et les étapes dans ma recherche de la sagesse.
  • Contact

Texte Libre

Recherche