L'envol de l'âme : poèmes, prose...

Samedi 1 avril 2006

 

Le texte suivant est la nouvelle primée par le coucours de nouvelle de La Baume les Aix.

 

Qui regarde la beauté du ciel ?

 

 

 

Eté 1940

 

 

 

            Chant, comme un océan de lumière venu de l'âme, donnant naissance à mes larmes et à mon amour.

            Lorsque retentissent les choeurs, la beauté révèle le plan de Dieu : remplacer par l'humanité les anges déchus. 

 

 

 

            Les hautes colonnes s'enfuient vers le ciel sans fin. Les voûtes de pierre se joignent comme les paupières, un instant fermées, du regard de Dieu fixé sur l'humanité. 

            L'homme, même fou, est toujours aimé de Dieu. Même assassin ? Même meurtrier ? Julien joint ses mains dont le sang séché forme comme une gangue de boue. Il prie.

 

 

 

 

 

 

Printemps 1940...

 

 

 

            Le mal est-il toujours choisi par l'homme ? Julien rit de la question. Les derniers froids de l'hiver sont emportés par le vol insouciant et léger du vent de printemps. L'haleine printanière souffle sur les arbres fruitiers. Les rayons de lumières étincèlent sur les miroirs de gel couvrant, comme une armure de glace, les parties ombragées des troncs. Peu à peu, l'écorce jaillit de sa chrysalide de neige.

            Julien, au sortir de l'hiver et de son enfance, loin de la main lourde du père appelé à la guerre, hurle un long cri animal dans la solitude de la campagne. Les mèches brunes en bataille retombant en désordre sur un visage grêlé d?acné, deux yeux noirs comme deux puits sombres, et le sourire triste de ceux trop longtemps dominés, Julien hait les hommes : il veut en être un. De ses longues jambes d'adolescent grandi trop vite dans les travaux de la ferme, il franchit la barrière si longtemps interdite, et remonte le sentier de poussière fine menant au village.

            Le clocher de l'église se dresse comme un mat au-dessus des passions violentes et inavouées des villageois... Les hommes partis, les femmes passent dans les rues vides, songeuses comme de lointains fantômes noirs. Vêtues, voilées, d'immenses mantes sombres ensevelissent les habitantes. Elles tiennent les boutiques en compagnie de vieillards geignants, mutilés, et d'enfants trop jeunes. Leurs regards glissent sans voir les clientes, s'arrêtent  seulement devant la statue du poilu, trônant au-dessus de la liste interminable des morts de la « Der des Der ».

            Julien ne reconnaît plus les maisons autrefois joyeuses, comme lors des foires, lorsque même les taloches du père ne pouvaient l'empêcher de regarder les visages riants, cuits par le vin, des paysans. Le village s'est endormi dans un hiver de cinq longues années. 

 

 

 

 

 

 

            La mère crie, les semaines passent, la mère crie. Le soleil bouscule les nuages, mord le blanc du ciel et laisse la trace bleue de ses dents croître, comme la colère. Julien grandit en force et en rage. Les lourds travaux du père apaisent quelques temps son impatience de vivre. La mère, comme l'image décharnée et sans force des commandements et punitions du père, hurle sans cesse des ordres. Julien obéit par habitude.

            Dans les champs la terre dorée reçoit l'empreinte de toute la vie nocturne. Traces d?écureuils près des noisetiers, de chats et de mulots puis une croûte de sang noirci agglutinant les grains de poussières, de renard à l'approche du poulailler.

             La lourde crosse écrase les calles de ses mains. La puissance de l'arme semble grandir, comme une volonté de mort surgie d'un coeur nourri de colère. Où est l'animal ? Les ombres froides du bois, semblables à d'antiques satyres moqueurs, se mêlent en une danse incohérente, feuilles agitées par le vent chargé de la pâle lumière de l'aube. Il s'engouffre au coeur du bois comme au coeur de son âme.

 

 

 

             Lentement, l'aurore finit d'éteindre les étoiles. Peut-être est-ce l'éclaboussure du sang des astres ? Des éclats roux doucement s'allument, de ci, de là... Le chant du rossignol s'est tu, celui du pinson n'a pas commencé encore. Le pas du jeune homme hésite.

            Parmi ces boules rousses, l'une d'entre elle semble le fixer ! Détale comme un démon. Fuite. Rapide. Branches et épines griffent le visage, lacèrent les mains et déchirent les vêtements. Julien ne voit que sa queue virevolter comme une flamme folle. Le bois s'ouvre en une clairière assombrie par les feuillages denses. Haletant, Julien appuie la crosse du fusil sur son épaule. La forme rouge du renard bondit, toujours plus loin. La poitrine se soulève de façon répétée, avec force. L'instant semble figé.

            De la cime des arbres tombe une lumière d'émeraude. Les gouttes de rosées s'illuminent, reliant d'arcs-en-ciel corolles et pétales de fleurs distantes, ramures et terres mouillées. Comme aveuglé de ténèbres puis d'excès de lumière, Julien ne veut plus tirer.

            Les deux états extrêmes de l'âme se joignent. Pitié pour la beauté de la vie et fureur contre son déploiement harmonieux, si étranger à son vécu douloureux. La forme disparaît. Le tube long et froid, chargé de haine et de munitions, est baissé depuis longtemps.

 

 

 

            Le retour est hagard, désorienté par de nouveaux sentiments. Les yeux verts cyclopéens des feuilles dardés sur lui, il baisse la tête. Il lui semble entendre, dans le jeu du vent frottant les branchages, le rire aigu de la mère et les grondements sourds de son père. La chaleur s'accroît, la sueur colle les tissus de son pantalon et de sa chemise contre sa peau. Il se sent jugé, aussi veule que les soldats qui, comme le père, ont laissé venir les Boches jusqu'au village. Le fusil brûle, scintillant pourtant d'éclats froids. Un frisson parcourt le corps de Julien, puis un autre, de haine et de colère.

            La chaleur de l'été brûle comme une fièvre, attisant l'esprit de Julien. Le soleil flamboie dans l'incendie vert des feuillages. La marche de Julien se ralentit, silencieuse. Il devient ombre parmi les troncs noirs.

            Le bruit de la vie. Qu'importe ce que c'est ! Tout est chose qui peut mourir. Un pas. Pas après pas. Julien s'approche, la crosse du fusil calée contre l'épaule. La fascination de la forme rousse l'aveugle. Les détonations l'assourdissent. La calotte de l'homme roux éclate, la tête explose en brouillard et pluie de sang.   

            Haletant, il s'avance. Des rigoles rouges descendent vers lui, traçant une frontière entre la mort et la vie. Ses jambes flageolent, le fusil tombe, Julien s'effondre. Un long hurlement d'animal humain se mêle aux bruits de la forêt.

            Julien court, cavalcade, les mains souillées du sang qu'il a porté à ses lèvres, incapable de comprendre. Le fusil est caché, lavé, enterré. Le bois s'assombrit sans fin.

           

            Hagard, hébété, Julien glisse parmi les ombres noires du village. Comme un phare au-dessus de l'océan nocturne de l'âme le haut clocher de l'église le guide. Il pénètre dans le lieu.

            Au sein du sanctuaire de Dieu, l'amour se déverse en vastes flots lumineux par d'immenses rosaces et vitraux. Dans cet asile, les voix d'hommes se mêlent, pures au-delà de toute expression. Mais les hommes ne sont pas purs. L'homme a peur, non des hommes, mais de sa conscience.

            Julien joint les mains.

            L'âme et l'oiseau sont ensemble deux fils du rêve. Espérant le ciel, portés par le souffle du vent, des anges et de la musique. L'église vit, à la fois lutrin et instrument de cette musique. L'Eglise parle, la conscience de l'homme vit, Julien pleure.

           

            Aboiement d'hommes et de chiens. Cris, ordres hurlés, la Wehrmacht en bottes brillantes et regard d'acier s'engouffre dans les maisons tristes, la mairie vide, l'église recueillie.

            La violence des phares jette un masque mortuaire sur le visage des otages. Combien de temps s'est écoulé depuis l'irruption des Allemands ? Que veulent-ils ? Un interprète glacial détache chaque syllabe avec un soin sadique : Exécution de cent habitants du village en mesure de représailles. Pourquoi des représailles ? Mais le village ne comporte que deux cents habitants depuis le départ des hommes aux deux guerres ! Les mères serrent contre elles leurs enfants endormis ou effrayés, pleurant dans le froid.

 

 

            Le froid du remord mord le coeur de Julien. L'effroi de ses propres actes. Il s'avance, la pourpre de ses mains devant son visage. Des coups. Une sensation de vide alors que ses jambes se dérobent sous lui. L'arcade sourcilière reçoit un coup de botte, puis un autre, des autres. Les reins, le visage. Julien est relevé par les brutes, porté, plaqué contre un mur. Il se sent défiguré, dents et nez fracassés, écoeuré par le goût de sang dans sa bouche.

            Julien distingue, au-delà des hommes qui pointent leurs fusils vers sa tête rougie par le sang, le Christ en croix qui a vaincu la mort.

 

                                                        

 

Par Jean-Youri
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Mardi 11 avril 2006

 

Poèmes pour ma petite soeur, Clair d'Etoile

 

                Un petit mot, plein de fraîcheur

 

                 Pour te dire que mon cœur

 

                Sourit, et rit, et vit, du bonheur

 

                D'être l'un pour l'autre, frère et soeur.   

 

  

 

              Poème pour trouver du soleil en soi

 

             Je te donne, en une folle farandole

 

            La lumière et la beauté

 

             D'un ciel bleu d'été

 

             Et des hirondelles, le magnifique envol.

 

 

 

  

            Je te donne mon amour de grand frère

 

            Les jeux d'enfants et les sourires

 

            Et tout ce qui fait naître joie et rires

 

            Dans un grand éclat de lumière.

 

 

             Je te donne le regard émerveillé

 

              D'un resplendissant azur,

 

             Les parfums frais de la nature

 

             Et nos coeurs tout ensoleillés.

 

                                            

                                               Jean-Youri

  

 

 

 

Par Jean-Youri
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Lundi 24 avril 2006

 

Haïku du cerisier

             Le cerisier fleurit, en grappes blanches elles auréolent les branches au printemps… Le thé vert reflète la lumière du jour. J’aurais aimé que mes amis, autour du cerisier, participent au renga. Cette cérémonie japonaise se déroule lorsque les cerisiers sont en fleur. Unis, ils élaborent en harmonie un poème collectif. La beauté du poème provient de l’écoute de l’ensemble.

 

            Cette année encore, seul, je pose ma chaise près du cerisier. Je souris à la lumière. Mon carnet à croquis et à poèmes offert par ma petite sœur et mon meilleur ami à la main, je dessine et compose… j’ose rêver.  

            Qu’est-ce qu’un haïku ? Il s’agit d’un court poème japonais suivant des formes définies. Il comporte 3 vers de rythme 5 7 5. Il évoque la nature, une saison. C’est une forme classique de la poésie japonaise.

              Bashô Matsuo (1644-1694) est considéré comme l’un des pères du haïku.

  Haïku du cerisier, par Jean-Youri

 

   Printemps 

            Le cerisier en fleur,

             soleil éclatant.

             Ses pétales, comme des lèvres de femme.

 

 

 Contemplation

             Le papillon joue dans les vents,

             l’enfant ri.

             Le soleil, immobile à midi, les regarde.

 

 Parfum

             Les pétales en grappes blanches

             dodelinent au souffle léger…

             Les parfums encensent le jardin.

 

 Lumière

             La lumière caresse le cerisier

             blanc et floconneux.

             Branches chargées de pétales lumineux.

 

  Chants

             Ciels bleus à l’infini,

             l’oiseau s’envole,

             le vent chante dans les fleurs.

 

  Pluie de pétales

             Comme une pluie…

             Les branches vibrent sous l’envol de l’oiseau,

             Le poète, cheveux blanchi de pétales !

 

 

   Apparence

             Le tronc, vieux d’écorce fripée,

             porte le vent, les pétales, les oiseaux :

             L’éternelle jeunesse de la nature.

 

Horizon

             L’océan vert de l’herbe

             recouvert de l’écume des pétales tombés,

             horizon infini.

 

Faux lit

             Les narines vibrent,

             le cœur tapant :

             le poète, fou pour les hommes.

 

 Vertical

             L’insecte, élégant noir

             gravit de la feuille à la fleur.

             Le soleil, si haut.

 

Blanc

             Neige au printemps

             ou pluie de pétales

             L’oiseau pépie.

 

  Lit

             Le lit d’herbe,

             le voyageur est l’insecte.

             Mon visage pour lui, montagne.

 

Grotte

             Il vole, pétale ou insecte ;

             ma narine devient grotte.

             La montagne assoupie s’éveille.

 

   Perte

             L’abeille vole

             dédaignant le cerisier.

             Un pétale, sur le point de se décrocher.

 

  Abeille

             L’abeille dans la bouche de la fleur

             Pétales blancs, ailes lumineuses.

             Disparue. Une couronne de fleur tremble.

 

 

  Soir

             Moucherons en myriades.

             Déjà la nuit ?

             Les pétales deviennent gris.

 

 

   Course

             Minuscule araignée sur ma jambe

             huit pattes sur la mienne !

             Cavalcade folle…

 

  Vol

             Plus haute que l’homme

             l’abeille vole.

             Fleurs à mes pieds.

                                      

                                        Jean-Youri

Par Jean-Youri
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Mardi 2 mai 2006

 

 

De l’écriture à l’azur…

 

 

                                               Ecriture

 

 

Noire comme nuit

 

 

            Encre noire

 

            Comme nuit,

 

            Tel est son visage de soir

 

            Où l'étoile-pensée luit.

 


            Telle une pluie nocturne

 

            L'encre vit

 

            La voici amoureuse de la lune :

 

            Ton regard, et l'encre âme écrit…

 

                       

 

 

 

Encre de Chine

 

 

            Le trait s’allonge tel un cil

 

            Les traits se succèdent, sont  chevelure…

 

            Là bouche ronde, là yeux durs,

 

            Le volume prend forme gracile.

 

                       

 

            Sur la feuille de riz l’encre de Chine

 

            Peint village, sentier et oiseau,

 

            Une lune ronde contemplant l’eau

 

            Et la joie des hommes nommée vigne.

 

           

 

Encre

 

 

            Ombre noire, tordue en lianes

 

            Entortillées, enroulées sous le stylet

 

            En boucles, barres et lacets

 

            Comme des volutes d’opiomanes.

 

 

            Rêves brûlés, que l’on fait encre

 

            Ou poison des amoureux.

 

            Tracés où se complaisent l’âme et les yeux

 

            Donnant l’amour, la mort et le sacre.

 

 

 

Emporté

 

 

            Déception et colère

 

            Comme deux vents amers.

 

            Lorsque, le temps d’un message,

 

            L’autre laisse éclater sa rage.

 

 

 

            Où est la folie ?

 

            Celui qui hurle,

 

            Tempête et bouscule ?

 

            Où celui qui, calme, lit ?

 

 

 

            D’autres poèmes,

 

                                   Pour l’amour des êtres, des lettres. 

 

                       

 

Aile

 

 

            Comme une hirondelle

 

            Qui nous annonce le printemps

 

            De ses ritournelles

 

            Et de son ventre blanc

 

 

            Vole une lumière d’argent

 

            Et son chant de joie, étincelant.

 

                       

 

 

Poème triste

 

 

J’ai gardé une larme

 

            Pour le dernier jour de ma vie

 

 

Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres

 

            Ni lorsque ma jambe s’est brisée.

 

 

Elle n’a pas coulé aux moqueries

 

            De mes camarades

 

Devant mes boucles blondes

 

Et mes joues d’enfant.

 

 

J’ai gardé cette larme

 

            Malgré les gelures de l’hiver

 

 Et l’éloignement des amis.

 

 

J’ai conservé cette larme

 

Malgré mes lâchetés et mes regrets,

 

Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.

 

 

Cette ultime larme,

 

Face à la mort de mon père

 

Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…

 

 

Il ne me reste plus rien.

 

Mes rires se sont tus

 

Mes mains tremblent sans agir

 

Ma voix est devenue un long gémissement.

 

 

Il ne me reste que cette larme

 

Ce n’est pas une larme de peine ou de regret

 

 C’est une larme de joie

 

Qu’enfin tout soit fini

 

            Au soir de ma vie.

 

 

Le gris des murs : trois haïkus contemporains

 

Considérations préliminaires

 

            Si tu privilégies la forme, tu es grammairien

            Si tu privilégie le fond : un exégète

            Si tu donnes l’émotion… un poète.

 

 

Rubans

 

            Automobiles en files

 

            Les rubans d’asphaltes muselant le sol

 

            La saison est unique en ville.

 

 

Murs

 

            Les murs s’amoncèlent

 

            Cubiques ou rectangulaires

 

            Aucun en forme d’arbres.

 

 

Gris

 

            Vitres des immeubles

 

            Miroirs du ciel enfumé

 

            Se reflètent sur les lunettes.

 

 

 

                                               Poèmes

 

                       

 

 

Bouquet de fleurs

 

 

            La leçon des fleurs

 

            C’est comprendre que le bonheur

 

            Est comme le printemps :

 

            Il revient toujours avec le temps

 

 

Réflexion...

 

 

            L'eau ne peut être tenue

 

            Elle doit être bue

 

            L'amour sans objet est vain

 

            Il doit être donné à son frère humain... 

 

 

Voyageur

 

 

            Un voyageur n’est jamais solitaire

 

            Brille sur lui une douce lumière

 

            A l’éclat venu des étoiles

 

            Qui, au niveau du regard, se dévoile.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Jean-Youri
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Mercredi 3 mai 2006

 

Haïkus et senryus  

 

       Voir et lire : ressentir. Le printemps parsème de pétales fleuris et de senteurs mes chemins et mon jardin. Les branches de lilas placées dans les pièces enivrent jusqu’à l’extase. La nuit vient doucement, les étoiles deviennent yeux d’argent fixant mon regard. Doucement s’établit l’envie de continuer d’écrire, de capter les sensations, de les donner à renaître sous forme de haïkus.

 

 

        Je ne tente pas une versification parfaite selon le rythme traditionnel japonais (5 7 5). Mon but reste de privilégier l'impression, la sensation, parfois en respectant le nombre fixé de syllabe.

 

 

          Quelques haïkus respectant le nombre de syllabes :

 

       Impressions :

 

 

Insomnie 

 

             Lune argentée

             Dans le ciel de printemps :

             Nuit de paresse

 

Route perdue

 

 

             Arbres longs et forts

             Peuplant les forêts sombres

             Oh ! L’inquiétude !

 

 

Cavalière (dédiée à Toffie)

 

 

              Galops du cheval,

             Sabots frappant le sable,

             Rires de femme.

Quelques senryus :

 

       Les senryus sont des poèmes satiriques, de sujet parfois politiques ou érotiques. Voici quelques essais…

 

Foule  

             Trottoir de passants

             La foule courre et crie

             A chaque lundi !

 

Elle

 

             Les lèvres roses

             Oh ! Boire à ses seins blancs

             Femme tant aimée…

 

 

Mariage arrangé, dérangé

 

 

 

 

             Lit trop peu défait,

             Flamme voulue éteinte...

             Soupirs feints d’amants !

 

 

 

                           Jean-Youri  

 

 

Par Jean-Youri
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Vendredi 5 mai 2006

 

Haïku nocturne

 

 

 

 

       La nuit profonde

 

 

       M’entoure de froids plis noirs

 

 

       Je pleure : Pourquoi ?

 

 

 

 

 

Jean-Youri

 

 

 

 

Par Jean-Youri
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Samedi 6 mai 2006

 

Haïku :

Larme sans lumière

 

 

       Juste une larme

 

       Perlant à tes yeux d’ombre :

 

       Un souvenir d’aimer.

 

Jean-Youri

 

Par Jean-Youri
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Dimanche 7 mai 2006

                 Haïku de printemps

 

 

Eveil  

 

             Clarté douce

 

             Le jour à la fenêtre

 

             Devient printemps.

 

 

Thé

 

             Le thé au jasmin

 

             Saveurs de fleur, de printemps :

 

             Bol chaud dans mes mains.

 

 

Vent léger

 

 

             Le souffle léger

 

             Embrasse mon visage,

 

             Caresse du vent.

 

 

                        

 

             Jean-Youri

 

 

 

 

 

 

Par Jean-Youri
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Lundi 8 mai 2006

 

                   Contrastes climatiques

 

 

 

 

Attentes de la pluie 

              Les oiseaux pépient 

 

              Dans les arbres verdoyants 

              Malgré le ciel gris.

Attente du soleil 

 

             Pierres glissantes 

 

             Et mouillées, je cours chez moi

             

             Chercher le soleil.

 

 

               Jean-Youri

Par Jean-Youri
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Mercredi 10 mai 2006

 

Vision d’ensemble

 

 

 

             Vents et oiseaux jouent,

 

             Pétales blancs envolés,

 

             Le printemps, enfin !

 

 

 

Couleurs

 

 

              Roucoulement blanc

 

              Nuage filant au ciel

 

              Et le vert des champs…

 

 

 

Invisibles

 

 

             Trilles des oiseaux

 

             Mais plumes invisibles

 

             Cachés : ils chantent.

 

 

 

Jean-Youri

 

Par Jean-Youri
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Texte libre

 

Poème triste

 

 

 

 

 

J’ai gardé une larme

 

Pour le dernier jour de ma vie

 

Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres

 

 Ni lorsque ma jambe s’est brisée.

 

 

 

 

 

Elle n’a pas coulé aux moqueries

 

De mes camarades

 

Devant mes boucles blondes

 

Et mes joues d’enfant.

 

 

 

 

J’ai gardé cette larme

 

Malgré les gelures de l’hiver

 

 Et l’éloignement des amis.

 

 

 

 

J’ai conservé cette larme

 

Malgré mes lâchetés et mes regrets,

 

Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.

 

 

 

 

Cette ultime larme,

 

Face à la mort de mon père

 

Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…

 

 

 

 

 

Il ne me reste plus rien.

 

Mes rires se sont tus

 

Mes mains tremblent sans agir

 

Ma voix est devenue un long gémissement.

 

 

 

 

 

Il ne me reste que cette larme

 

Ce n’est pas une larme de peine ou de regret

 

 C’est une larme de joie

 

Qu’enfin tout soit fini

 

         Au soir de ma vie.

 

 

 

                   Jean-Youri

 

 

 

Texte libre

 

   

 

 D’autres poèmes,

 

 

 

                     Pour l’amour des êtres, des lettres.  

    

 

Aile

 

 

 

 

        Comme une hirondelle

       Qui nous annonce le printemps

 

 

         De ses ritournelles

        Et de son ventre blanc

 

 

 

 

 

        Vole... une lumière d’argent

        Et son chant de joie, étincelant.

 

 

 

 

 

 

Encre de Chine

 

       Le trait s’allonge tel un cil

 

        Les traits se succèdent, sont  chevelure…

  

        Là, bouche ronde. Là, yeux durs.

        Le volume prend forme gracile.

 

 

 

       Sur la feuille de riz l’encre de Chine

 

 

        Peint village, sentier et oiseau,

        Une lune ronde contemplant l’eau

        Et la joie des hommes nommée vigne.

       

 

 

 Encre

 

        Ombre noire, tordue en lianes

        Entortillées, enroulées sous le stylet

        En boucles, barres et lacets

        Comme des volutes d’opiomanes.

       Rêves brûlés, que l’on fait encre

        Ou poison des amoureux.

        Tracés où se complaisent l’âme et les yeux

        Donnant l’amour, la mort et le sacre.

 

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Emporté

 

 

 

 

 

       Déception et colère

        Comme deux vents amers.

        Lorsque, le temps d’un message,

        L’autre laisse éclater sa rage.

 

 

 

 

       Où est la folie ?

        Celui qui hurle,

        Tempête et bouscule ?

        Où celui qui, calme, lit ?

 

                Jean-Youri

 

 

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