Samedi 7 juillet 2007

 

Cierge

 

 

       Le cierge brûle

 

       Je ferme les yeux, confiant

 

       Lumière en moi...

 

 

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Mardi 2 janvier 2007

 

Tacite dit qu’il n’y a qu’un tombeau : le cœur de l’ami.

 

 

           Merci à Laurent P. pour m’avoir donner cette pensée à méditer.

 

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Dimanche 25 juin 2006

 

 

L’outil et l’addiction

 

            Le temps fut long, très long, entre le fatal disfonctionnement de ma boite de télécommunication et celui de son retour. L’homme moderne peut-il vivre sans téléphone ni Internet, télévision et magnétoscope ? C’est pourtant ce qu’il a fallu réapprendre à vivre.

 

            Vous m’avez laissé de nombreux messages durant toute cette période où j’apprenais la signification de l’outil du XXI siècle. Merci à toutes et à tous pour votre patience. De mon côté, tout comme vous, je ressentais l’impatience de revenir sur la blogosphère.

 

                                                   

            Le besoin impatient de retrouver internet n’est-il pas une forme d’addiction ? Cette possibilité nous apprend beaucoup sur nous même. En effet, une civilisation ne peut-elle se définir par rapport aux outils qu’elle emploie et par les valeurs liées à ses outils ? La périodisation des premiers âges de l’humanité se fait avant l’invention de l’écriture par les outils : âge de pierre, âge du bronze, du fer… A ces périodes de domination de la matière par de outils issus de cette même matière succèdent les périodes définies par les rapports entre les hommes. L’histoire débute avec l’invention de l’écriture vers 3 300 ans avant Jésus-Christ. Les peuples sans écriture à ce moment là sont qualifiés de proto historique. L’outil désigne notre rapport à la matière, au monde et à l’autre.

                                             

            L’homme moderne est qualifié de Homo sapiens sapiens, autrement dit deux fois savant. Mais d’autres épithètes lui ont été accolé comme Homo faber (l’Homme constructeur). Le début du XXI siècle est l’époque de la troisième Révolution industrielle après celle du charbon et de la vapeur (1ère), de l’acier et de l’électricité (2ème). Cette Révolution industrielle se caractérise par l’emploi du nucléaire et de l’ordinateur. La production aujourd’hui automatisée remet en cause l’existence même de l’emploi de l’industrie dans de nombreux pays d’Europe. L’Homo Faber a-t-il cédé la place à l’Homo Technicus ? Nous sommes dans une société de consommation, mais aussi et peut-être maintenant surtout dans une société de communication. Le village planétaire relie les êtres réels et virtuels dans une même communauté. Les liens de familiarité existent entre individus pourtant éloignés parfois par des océans (Québécois et Français, habitants de la métropole et Réunionnais) ou simplement par les kilomètres (Belges, Suisses et Français). Pourtant, unis par la même langue, je m’entretiens avec eux sans les avoir jamais vus. Nous rions ensemble, et éprouvons de la sympathie par pixels interposés.

 

            Internet est un outil. Mais l’instrument a toujours deux façon d’être utilisé : la dynamite inventée par M. Nobel peut servir à percer des lignes pour les métropolitains ou être utilisée pour la guerre. L’instrument de communication peut tisser entre les êtres humains une vaste toile pour nous réunir, belle comme une draperie flamande. Certains se servent de cette toile comme d’un piège où ils sont l’araignée et l’enfant la proie. La puissance de nuisance est démultipliée par la force de l’outil (« science sans conscience n’est que ruine de l’âme »), mais la puissance du bien aussi. Car l’être humain est bon au fond de lui-même : la mère protège son enfant depuis la première nuit de l’humanité. La famille humaine ne cesse de s’agrandir, il lui reste à progresser en spiritualité (c’est-à-dire en amour de son prochain). En cela l’instrument peut nous aider. Une fois connecté, le nombre de ses amis ne cesse de croître car l’éloignement s’estompe. Et les virtualités de nos cœurs peuvent s’épanouir…

 

 

             Jean-Youri

 

    

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Mercredi 7 juin 2006

 

Sagesse n° 7   L’infini ambiguë de la douleur en Amitié

 

        Qu'est-ce que la douleur en amitié ? Brûlures d'un poison terrible et  morsure d'un serpent cannibale trahissant son propre coeur ? Ou bien, face à cette douleur infinie, subsiste une douceur infinie ?  

 

                                         

 

La rose jaune s'épanouit en symbole d'amitié.

 

        Amitié et amour ont la même racine. Le même symbole également : la rose. A l’une, la rose rouge de la passion ; pour l’amitié : une rose jaune.

 

        Amitié et amour semblent si proches, ce sont deux enfants de l’âme, de ce mouvement même qui fait notre vie.  

 

                                  

 

 

        Il en est de l’amitié comme d’un jardin à cultiver. Le temps que l’on passe auprès de lui, auprès de ou pour son ami, c’est de l’affection donnée.

 

        Mes pensées vont à lui, soit qu’elles me torturent, soit qu’elles me réjouissent.

 

Mais, dans les deux cas, un ami n’est pas un miroir où l’on peut contempler ses propres traits : c’est un Autre.

 

                                         

 

 

 

L'amitié est-elle construction ou lien? Ou les deux ?

 

        En amitié, on ne peut souffrir que parce que l'on a aimé.  Devant ce trop de souffrance, qu'est-ce que l'amitié ?

 

        La douleur est ressentie face à la trahison, à l’indifférence… 

 

        Un coeur n'existe que s'il est capable de s'ouvrir. Mais s'ouvrir aux autres, à l"amour comme à l'amitié, cela veut dire recevoir joies et souffrances liées à ces sentiments. On ne souffre que parce que l'on a un coeur vivant.

 

        Nos joies et nos peines ne sont pas inutiles. Elles nous enseignent à comprendre celles d'autrui, à les recevoir en soi pour les soigner.

 

 

 

Montaigne et la Béotie : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi ».

 

        L’amitié est subjective, comme le regard. Elle est vécue, comme la confiance.

 

         Dans mon enfance j'ai lu et relu le Petit Prince, qui a forgé ma sensibilité. Voici une de ces phrases qui a forgé ma façon de ressentir l'amitié « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose... »

 

        L'amitié et l'âme sont liées, telles des jumeaux. L'Homme ne peut pas vivre seul, comme il ne peut pas exister sans coeur.  Cependant, aimer, c'est accorder sa confiance et ses sentiments ; aimer, c'est s'exposer à souffrir dans la proportion même de ses sentiments.

 

        Là encore la réponse est dans Saint-Exupéry, la rose doit accepter de ne pas être sous globe, d’être parcouru par les chenilles, pour être enchanté par la vision des papillons…

 

Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Mercredi 17 mai 2006

 

Réflexion : Immortalité et éternité

 

 

Et si je n’étais qu’une brise éphémère ? Un souffle de vie passager, soulevant une feuille parmi d’autres, animant mon corps avec d’autres… Puis, le temps et le vent s’arrêtent : mon corps, inanimé – mort- se décompose et devient automne…

 

 

Suis-je autre chose qu’un corps, un assemblage de chairs, une réunion d’atomes ? Tout mon être, rêves, espoirs, désirs, chagrins… tous ces trésors humains vont-ils sombrer dans le néant de la nuit ?    

 

 

Etre immortel est impossible, mais être éternel ?

 

 

       Mon empreinte sur la Terre durera sur le sol gelé de l’hiver : une saison, une génération. Et ensuite ? Lorsque ceux qui nous auront connus, aimés, auront perdus la vie et la mémoire, que restera-t-il de nous… pas même un souvenir ?

 

       L’homme ne se réduit pas à l’assemblage provisoire de ses chairs. Nous ne sommes pas qu’un corps transitoire : nous sommes nos actes. Nous sommes nos actes dans toute leur variété : l'acte de donner et l'acte d'aimer, l'acte de protéger et l'acte de consoler... L'enfant ne se souviendra pas des générations éloignées : qui se souvient de sa trisaïeule ? Cependant la tendresse transmise de génération en génération - dans un acte aussi anodin que parler doucement à un enfant lorsqu'il pleure - survit. Devenu grand l'enfant agira de même car il aura reçu dans son coeur cet acte et son message de tendresse. De générations en générations, l'acte d'aimer ne cesse de vivre.

 

       Aucun corps n’est immortel, le legs de nos sentiments est éternel…

 

 

              Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Vendredi 28 avril 2006

            Pourquoi le mal ? La question n’a peut-être pas de réponse, à moins que faire le bien ne soit une réponse ? 

 

            Pour Socrate, le mal provient de l’ignorance. Peut-être est-ce le cas lorsqu’on laisse se perpétrer une situation difficile, dont on pourrait, au moins partiellement, apporter la solution ou une atténuation des souffrances. L’homme qui connaît le bien, comment pourrait-il choisir de faire ou de laisser souffrir son prochain ? La pensée est noble et belle. Une histoire peut l’illustrer :

 

            Un homme aveugle mendiait. La foule passait devant lui, sans un mot ni une piécette. Un poète surréaliste passa devant lui. Indigné de l'indifférence des gens il composa un petit texte et le posa devant l'aveugle.

 

            A partir de ce jour, les gens furent généreux avec lui, lui montrant de l'amitié et une grande bienveillance. Lorsque le poète repassa, l'aveugle l'interpella. « Qu'avez-vous écrit pour que tous changent ainsi? » Et le poète lu sa phrase pour l'aveugle :

 

                        « Demain le printemps viendra

 

                        Et je ne le verrai pas »

 

La beauté du monde interpelle nos coeurs. En cela il est deux façon d'être aveugle : par les yeux ou par l'indifférence...

 

 

                                                      

 

 

            Cependant, une fois la lumière de la beauté/bonté parvenue à nos yeux et à nos cœurs, pourquoi le choix d’individus persiste-t-il à être celui du mal ?

 

 « Les haineux et les méchants nuisent en premier chef à eux-mêmes ».

 

            La phrase est à méditer. La blessure infligée à l'autre dans un acte volontaire, à quel point n'est-ce pas le meurtre de sa propre conscience, l'abandon de la confiance en l'autre sur laquelle on peut fonder amitié et relations, et aussi... ? 

 

 

            La souffrance et la relation à autrui... J'ai traité ce thème dans mon article Papillon Tchouang Tseu... Tous ont droit au bonheur, de façon universelle. Le critère permettant de mesurer le mal c’est la souffrance inutile (différente donc de celle du médicament douloureux imposé par le médecin).

            Que pourrait-il être rajouté ? Le philosophe E. Lévinas a traité du visage. Il indiquait que le visage c'est la rencontre avec l'autre mais aussi la reconnaissance de sa propre humanité. Et pourtant, le choix a été fait par les nazis de brutaliser ces visages et de leur dénier leur condition d'hommes. Pourtant reconnaître la souffrance de l'autre, c'est aussi être interpellé dans la sienne : celle que l'on a vécu autrefois, celle que l'on est appelé à vivre peut-être dans le présent ou le futur.

 

 

« Si l'on ne prend pas en considération les sentiments et la souffrance d'autrui on n'a aucun moyen de faire la part du bien et du mal. »

 

                                   Dalaï-Lama, essence de la sagesse

 

            La dignité profonde de l'homme est d'agir pour le bien d'autrui. La difficulté, même pour l'homme désireux d'agir ainsi, est de reconnaître le bien du mal. La part de souffrance dans chaque coeur peut nous aider à comprendre comment agir. C'est ce que j'appelle la compassion : souffrir avec autrui, par amour d'autrui.

 

             L’évolution de l’humanité n’est pas seulement une évolution physique, mais aussi psychique et spirituelle. Les préhistoriens ont retrouvé des os des hommes anciens. Ceux-ci étaient parfois brisés de telles façons qu’ils ne pouvaient marcher. Cependant, leur mort est éloigné de plusieurs années de leur incapacité à marcher. Cela veut dire que les compagnons de cet individu l’ont porté, l’ont nourri, l’ont respecté et sans doute aimé au point d’accepter de partager sa souffrance et son handicap, et ceci dans un univers où la survie était bien plus menacée ! Ce qui fait de nous un être humain n’est pas notre capacité à détruire ou à dominer, mais notre compassion.  

 

                                                      Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Dimanche 23 avril 2006

 

 

 

 

  L'âme et la matière

 

             L'or et la lumière ont l'éclat en commun. Mais, l'un damne et l'autre sauve ; le premier aveugle et avilit alors que le second illumine... Tous les deux sont des invitations à un choix : celui de la matière ou de la vision de la dignité humaine.              

            La dignité humaine face à la matière... Le lien entre les deux varie de complémentarité utile à la société à idolâtrie de l'argent par l'homme.

 

             Voici ce que vaut l'argent :

 

L'argent,

Il peut acheter une maison... Mais pas un foyer

Il peut acheter un lit... mais pas le sommeil

Il peut acheter une horloge... mais pas le temps

Il peut acheter un livre... mais pas la connaissance

Il peut acheter une position sociale... mais pas le respect

Il peut acheter du sang... mais pas la vie

Il peut acheter du sexe... mais pas l'amour

 

 

 

            

        Qu'est-ce que l'argent face dans la société humaine ? Un mode de relation à l'autre. Mais cette relation se base sur l'avoir (possession d'une chose) et non sur l'être (sentiments, partage...). La liste montre bien que l'argent est un moyen (possession de la maison) mais pas une fin (foyer) en soi. Le bonheur réside d'abord dans l'accomplissement de son humanité, dans l'épanouissement de ses relations avec les autres. Se déshumaniser pour de l'argent reviendrait à revivre l'histoire du roi Midas. Il possédait l'étrange don de transformer tout ce qu'il touchait en or, mais, lorsqu'il toucha sa fille... !

             Matière et dignité humaine doivent être distingué. Le danger de l'assimilation est celui de transformer en absolu un moyen. L'épisode du veau d'or dans le récit biblique nous montre combien est forte la tentation de croire que l'or a une valeur pour lui-même, en oubliant la conduite morale (respect d'autrui, écoute d'autrui...) sur laquelle repose le respect de la dignité humaine.

            Le danger est celui de la réification : la transformation de l'être humain en chose. Le démon tentateur propose au Christ de transformer les pierres en pain. Cette tentation va bien au-delà du simple désir de consommer un aliment. Un des sens de cet épisode est de montrer le danger de dénaturer l'essence d'une chose pour disposer de celle-ci. L'aboutissement de cette logique tentatrice serait par exemple de transformer les hommes en objets dociles pour satisfaire ses besoins ou envies de consommation : l'humain comme esclave ou prostitué !

            Le danger est présent. Les déportés dans les camps de la mort portaient sur leurs bras un code, ressemblant tant à ce qui est aujourd'hui pour nous des codes-barres ! Les déportés étaient appelés des « stucks » ou objets par les tortionnaires nazis. Transformer l'autre en chose, ne lui accorder de valeur que financière est dénier l'humanité à l'humain ! 

 

             L'être humain porte en lui une valeur qui lui est attachée à jamais. Après les horreurs perpétrées par le nazisme, l'article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme réaffirment pour toute l'humanité ces droits inaliénables, quelque soit son sexe, son âge, sa race, sa religion...

 

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

 

             L'être humain porte en lui, dans son essence, une valeur spirituelle qui le rend différent de l'objet et supérieur à toute valeur commerciale, à la matière dont il est constituée et qui l'entoure...

            

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 euros. Il demande aux gens : « Qui aimerait avoir ce billet ? »

Les mains commencent à se lever.

            Alors il dit : « Je vais donner ce billet de 20 euros à l'un de vous, mais avant laissez-moi d'abord faire quelque chose avec. » Il chiffonne alors le billet avec force et il demande : « Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ? »

Les mains continuent à se lever.

            « Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela ? » Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher. Ensuite il demande : « Qui veut encore avoir ce billet »

Evidemment, les mains continuent de se lever !

            « Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé. Il vaut toujours 20 euros. 

Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien, mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment et vous connaissent ! La valeur d'une personne ne tient pas à ce qu'elle fait ou ne fait pas. Vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque demeure toujours intacte. »

 

L'homme est lumière : lumière de son âme et de l'Amour qui l'accompagne.

                        Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : Sagesse et pensées
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Mercredi 19 avril 2006

 

« Tchouang-Tseu rêva qu'il était papillon, voletant heureux de son art, ne sachant pas qu'il était Tchouang -Tseu. Il se réveilla soudain et s'aperçut qu'il était Tchouang-Tseu. Il ne savait plus s'il était Tchouang-Tseu qui venait de rêver qu'il était un papillon ou s'il était un papillon qui rêvait qu'il était Tchouang-Tseu »

      

 

            Et nous ? Qui sommes-nous ? Et quelle est la validité de nos valeurs ?

 

             L'interrogation ne doit cesser d'être en nous, car toute vérité qui se croit absolue risque de devenir une idole, et nous-mêmes des fanatiques ! Un individu qui croit totalement détenir la vérité, contre tous les autres, transforme une parole vivant en idole vaine et stérile. La force fécondante d'une idée se trouve dans le partage de celle-ci avec autrui. La résistance de l’altérité à nos vérités montre d’autres aspects de la vérité. Elle enrichi notre vision.

 

 

            Et pourtant, ne croire en aucun idéal ou tout relativiser constitue un danger non moins grand qu’une pensée unique et totalitaire. Si l'on ne croît pas en la dignité de l'autre, le mal peut être commis sans remord car sans conscience ! Nos valeurs occidentales nous enseignent à respecter la parole de l'autre, à s'enrichir de sa pensée à son écoute, mais aussi à croire fermement en nos idéaux de Droits de l'Homme. Ces idéaux sont à vocation universelle : nul au monde ne peut  être réduit en esclavage, avili ou blessé car né sur un sol étranger. Tous les êtres humains ont la dignité d'homme. Aucun être n'est par nature esclave ou bourreau, victime ou meurtrier.  Nous sommes responsables de nos choix, éclairés- en plus du sentiment de justice et de compassion présent dans toute âme -  par les valeurs de nos civilisations.

 

 

 

 

       Quelle est notre responsabilité dans ce monde ? Le syndrome du papillon est peut-être un élément de réponse. Le souffle d'air provoqué par le battement d'aile d'un papillon en Asie, est, au terme du tourbillon de ses conséquences, responsable du cyclone en Amérique. Tous nos gestes et toutes nos pensées sont importants. Nous ne pouvons être parfait, alors soyons humains et constamment bienveillant  envers nos frères humains.  

 

 

 

 

 

    Où se trouvent la sagesse et la justice ? Je pense à ces phrases du Christ : « Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé », « c'est aux fruits qu’il porte que l'on reconnaîtra l'arbre ». La sagesse de ces paroles n'est-elle pas d'indiquer que nous ne pouvons être le juge du comportement d'autrui, ni de ses pensées... Mais que notre action doit être de faire le bien, de venir en aide à autrui. Les fruits de l'arbre sont pour moi la souffrance ou le bonheur provoquée ou donné à l'autre. Soyons attentifs aux souffrances des autres. Nous guérirons de nos blessures en soignant celles d'autrui. Aimons, et l'amour se propagera autour et en nous.

                                                          Jean-Youri

 

 

 

 

 

  

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Mercredi 22 mars 2006

 

Sagesse de l’amour

 

 

 

 

             Est-il possible d'élaborer une sagesse de l'amour en cet âge de fer et d'angoisse, de captivité de nos propres désirs : où l'acier et le PVC nous aliènent non par le travail mais par le loisir ? Où l'angoisse vendue sous un label mondialisé : "stress", ne génère aucun spleen mais toutes les névroses ?

  

 

 

          Brisez la clôture du monde ! Le monde, à l'étroit dans ses frontières matérielles, a besoin de mythes, rêves et poésies. Le désenchantement du monde est l'écho d'un silence : celui des rêves.  Brisez la clôture du monde ! Ecrivez. Vivez vos rêves. Osez aimer. Portez à vos lèvres la coupe des sentiments pour apaiser votre soif de tendresse.

  

 

 

Mesure :

  

 

 

            La sérénité, le calme et la tempérance, la mesure. Mesurer ses actions pour ne pas agresser autrui malgré les sentiments de colère…L’idéal de la sophrosune (maîtrise de soi) grec est également mon idéal. Ma mère m’a confié un jour un poème, belle page de papier sous une plaque de verre installé dans mon bureau.  Je ne cesse de me rappeler celui-ci chaque fois que je vois des êtres se déchirer pour ce qui n’est, devant notre condition mortelle, que des futilités.

 

            Si…

 

 

 

 

 Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

 Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties

                         Sans un geste et sans un soupir ;

 Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

 Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre

 Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

                         Pourtant lutter et te défendre ;

 

 

  Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

 Travesties par des gueux pour exciter des sots,

 Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

                         Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

 Si tu peux rester digne en étant populaire,

 Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

 Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

                         Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

 Si tu sais méditer, observer et connaître

 Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

 Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

                         Penser sans n’être qu’un penseur ;

 Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

 Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

 Si tu peux conserver ton courage et ta tête

             Quant tous les autres les perdront,

 Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

 Seront à tout jamais tes esclaves soumis

 Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

                         Tu seras un homme, mon fils.

 

 

                                     R. KIPLING

 

Miséricorde :

 

 

 

 

             Trop souvent, le choix de la colère conduit à des déchirures d’êtres fait pour s’apprécier, se respecter, se découvrir. Trop souvent, l’oubli de notre condition humaine et de nos faiblesses oppose des individus et aboutit à méconnaître le don du pardon, la miséricorde. Valeur spirituelle, valeur humaine, valeur essentielle.

            Dans la religion juive existe la fête du kippour, du pardon. En faculté d’histoire à Aix-en-Provence, mon professeur de judaïsme antique et médiéval, le très humain Jean-Marc CH., nous apprît sa  signification. Lorsqu’un individu reconnaît avoir offensé un autre il doit se présenté à sa porte et lui demander pardon. L’autre a le droit de refuser. Si l’offenseur se présente une seconde fois pour demander pardon, l’autre peut encore refuser. Mais si l’offenseur se présente une troisième fois pour accomplir cet acte, si l’autre refuse à son tour d’accorder son pardon, alors, il doit à son tour demander pardon. La démarche de demande, se présenter à l’autre en reconnaissant ces fautes a un aspect humiliant car elle place un individu en situation d’infériorité. Persister dans le refus du pardon s’est s’exposer soi-même à accomplir une offense.

             La dimension humaine de la miséricorde devient également  divine avec le sacrifice librement consenti par amour du Christ innocent dans la conception chrétienne. Tous les êtres, sans exception, peuvent être pardonnés, car tous sont aimés, au-delà même de la raison. C’est la folie humaine, et sagesse divine. Sagesse d’Amour.

 

                        Jean-Youri

 

 

 

 

 

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Dimanche 19 mars 2006

Dans un âge de fer et d'angoisse, la question de la dignité et de l'amour envers autrui se pose quotidiennement. Voici quelques mots pour inviter à la sagesse :

 

 

 

           

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

             Sans aliénation vivez autant que possible en bons termes avec toute personne.

             Dites doucement et clairement votre vérité.

 

           Ecoutez les autres, mêmes les simples d'esprit et les ignorants, ils ont aussi leur histoire.

       

           Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

 

            Ne vous comparez avec personne : il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

            Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.

 

          Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe. Soyez vous même.

 

          Surtout n'affectez pas l'amitié non plus, ne soyez pas cyniques en amour car, il est en face de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe.

         Prenez avec  bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse.

 

          Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

 

          Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même.

 

          Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles.

 

           Vous avez le droit d'être ici, et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait.

 

            Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez, dans le désarroi de la vie, la paix de votre coeur. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

 

                             Tâchez d'être heureux. 

 

 

 

 

 

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Texte libre

 

Poème triste

 

 

 

 

 

J’ai gardé une larme

 

Pour le dernier jour de ma vie

 

Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres

 

 Ni lorsque ma jambe s’est brisée.

 

 

 

 

 

Elle n’a pas coulé aux moqueries

 

De mes camarades

 

Devant mes boucles blondes

 

Et mes joues d’enfant.

 

 

 

 

J’ai gardé cette larme

 

Malgré les gelures de l’hiver

 

 Et l’éloignement des amis.

 

 

 

 

J’ai conservé cette larme

 

Malgré mes lâchetés et mes regrets,

 

Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.

 

 

 

 

Cette ultime larme,

 

Face à la mort de mon père

 

Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…

 

 

 

 

 

Il ne me reste plus rien.

 

Mes rires se sont tus

 

Mes mains tremblent sans agir

 

Ma voix est devenue un long gémissement.

 

 

 

 

 

Il ne me reste que cette larme

 

Ce n’est pas une larme de peine ou de regret

 

 C’est une larme de joie

 

Qu’enfin tout soit fini

 

         Au soir de ma vie.

 

 

 

                   Jean-Youri