Lundi 29 octobre 2007 1 29 10 2007 17:17

 

            Train hivernal

 

 

Par les vitraux où le gel dessine des anges et des étoiles

 

L’enfant regarde les rives, ces quais où ne bat aucune voile

 

Puis, le destin parallèle des rails emporte l’enfant

 

Dans des bruits de géant hoquetant.

 

 

Le sol est glacé comme une patinoire

 

Le train se reflète : ombre sur ce grand miroir ;

 

L’enfant pleure dans l’absence de silence

 

L’abandon de son enfance.

 

 

La puissance métallique, électrique

 

Joue, roule des mécaniques…

 

Mais comment pourrait consoler un train

 

Rivé, cloué comme un Christ, à son destin ? 

 

 

Matin. La station approche. La décélération, l’arrêt temporaire…

 

Le ventre de fer hurle en se frottant aux rails

 

Passagers en foule qui débarquent, cherchent, braillent.

 

Tous se pressent, s’enfuient, bagages soudés à la chair.

 

 

L’enfant reprend son départ. Le contrôleur passe.

 

Puis d’autres voyageurs s’engloutissent dans les sièges

 

Ils frappent leurs mains l’une contre l’autre, chassant la neige.

 

Tambourinent des pieds, prennent toute la place.

 

 

L’enfant et le train continuent leur voyage

 

Le train se souvient des cieux limpides et des orages

 

L’enfant du soleil brûlant et des nuages

 

Et de ne pas vouloir changer d’âge.

 

 

Mais le train dévale le temps et les distances

 

L’enfant vieillit, rejoint l’hiver

 

Chaque arrêt du train, chaque anniversaire

 

Tue son restant d’enfance.

 

Par Jean-Youri - Publié dans : L'envol de l'âme : poèmes, prose...
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Texte libre

 

Poème triste

 

 

 

 

 

J’ai gardé une larme

 

Pour le dernier jour de ma vie

 

Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres

 

 Ni lorsque ma jambe s’est brisée.

 

 

 

 

 

Elle n’a pas coulé aux moqueries

 

De mes camarades

 

Devant mes boucles blondes

 

Et mes joues d’enfant.

 

 

 

 

J’ai gardé cette larme

 

Malgré les gelures de l’hiver

 

 Et l’éloignement des amis.

 

 

 

 

J’ai conservé cette larme

 

Malgré mes lâchetés et mes regrets,

 

Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.

 

 

 

 

Cette ultime larme,

 

Face à la mort de mon père

 

Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…

 

 

 

 

 

Il ne me reste plus rien.

 

Mes rires se sont tus

 

Mes mains tremblent sans agir

 

Ma voix est devenue un long gémissement.

 

 

 

 

 

Il ne me reste que cette larme

 

Ce n’est pas une larme de peine ou de regret

 

 C’est une larme de joie

 

Qu’enfin tout soit fini

 

         Au soir de ma vie.

 

 

 

                   Jean-Youri

 

 

 

Texte libre

 

   

 

 D’autres poèmes,

 

 

 

                     Pour l’amour des êtres, des lettres.  

    

 

Aile

 

 

 

 

        Comme une hirondelle

       Qui nous annonce le printemps

 

 

         De ses ritournelles

        Et de son ventre blanc

 

 

 

 

 

        Vole... une lumière d’argent

        Et son chant de joie, étincelant.

 

 

 

 

 

 

Encre de Chine

 

       Le trait s’allonge tel un cil

 

        Les traits se succèdent, sont  chevelure…

  

        Là, bouche ronde. Là, yeux durs.

        Le volume prend forme gracile.

 

 

 

       Sur la feuille de riz l’encre de Chine

 

 

        Peint village, sentier et oiseau,

        Une lune ronde contemplant l’eau

        Et la joie des hommes nommée vigne.

       

 

 

 Encre

 

        Ombre noire, tordue en lianes

        Entortillées, enroulées sous le stylet

        En boucles, barres et lacets

        Comme des volutes d’opiomanes.

       Rêves brûlés, que l’on fait encre

        Ou poison des amoureux.

        Tracés où se complaisent l’âme et les yeux

        Donnant l’amour, la mort et le sacre.

 

 gif animé arbres020.gif
 

   

Emporté

 

 

 

 

 

       Déception et colère

        Comme deux vents amers.

        Lorsque, le temps d’un message,

        L’autre laisse éclater sa rage.

 

 

 

 

       Où est la folie ?

        Celui qui hurle,

        Tempête et bouscule ?

        Où celui qui, calme, lit ?

 

                Jean-Youri

 

 

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus