La mort de Socrate
Le visage de la mort semble hideux,
grimace verte d'un corps en décomposition.
Celui que nous admirions
n'est plus que vers et os terreux.
Que penser face à la mort ?
Tous ce que nous aimions devient amer
nos yeux et nos chairs, poussières,
lorsque notre esprit s'envole ou s'endort...
Est-il possible de toucher,
de déposer un baiser sur ses lèvres
lorsque est versé le sang et l'eau de la plèvre ?
La chair caressée devient os et rochers.
Pour celui
qui survit :
CRI !
La chair trahit
ce que fut l'esprit.
Et la douleur
qui jamais ne meurt
sans cesse hurle,
bouscule,
écrase
et disperse l'âme
au rythme fou de sa souffrance
de son coeur en errance...
Les repères, les signes
tout devient abîme.
Les mots
comme une peau
dépecée
sont torturés
Le visage halluciné
de celui
qui survit :
CRI
La mort de Socrate
dans sa sérénité
semble, en majesté
celle d'un automate.
Le vieux philosophe drapé dans sa gloire
offre les mots d’une immortelle sagesse
Face à cette consolation ma détresse
brouille de larmes cet étrange miroir.
Jean-Youri

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