De l’écriture à l’azur…
Ecriture
Noire comme nuit
Encre noire
Comme nuit,
Tel est son visage de soir
Où l'étoile-pensée luit.
Telle une pluie nocturne
L'encre vit
La voici amoureuse de la lune :
Ton regard, et l'encre âme écrit…
Encre de Chine
Le trait s’allonge tel un cil
Les traits se succèdent, sont chevelure…
Là bouche ronde, là yeux durs,
Le volume prend forme gracile.
Sur la feuille de riz l’encre de Chine
Peint village, sentier et oiseau,
Une lune ronde contemplant l’eau
Et la joie des hommes nommée vigne.
Encre
Ombre noire, tordue en lianes
Entortillées, enroulées sous le stylet
En boucles, barres et lacets
Comme des volutes d’opiomanes.
Rêves brûlés, que l’on fait encre
Ou poison des amoureux.
Tracés où se complaisent l’âme et les yeux
Donnant l’amour, la mort et le sacre.
Emporté
Déception et colère
Comme deux vents amers.
Lorsque, le temps d’un message,
L’autre laisse éclater sa rage.
Où est la folie ?
Celui qui hurle,
Tempête et bouscule ?
Où celui qui, calme, lit ?
D’autres poèmes,
Pour l’amour des êtres, des lettres.
Aile
Comme une hirondelle
Qui nous annonce le printemps
De ses ritournelles
Et de son ventre blanc
Vole une lumière d’argent
Et son chant de joie, étincelant.
Poème triste
J’ai gardé une larme
Pour le dernier jour de ma vie
Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres
Ni lorsque ma jambe s’est brisée.
Elle n’a pas coulé aux moqueries
De mes camarades
Devant mes boucles blondes
Et mes joues d’enfant.
J’ai gardé cette larme
Malgré les gelures de l’hiver
Et l’éloignement des amis.
J’ai conservé cette larme
Malgré mes lâchetés et mes regrets,
Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.
Cette ultime larme,
Face à la mort de mon père
Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…
Il ne me reste plus rien.
Mes rires se sont tus
Mes mains tremblent sans agir
Ma voix est devenue un long gémissement.
Il ne me reste que cette larme
Ce n’est pas une larme de peine ou de regret
C’est une larme de joie
Qu’enfin tout soit fini
Au soir de ma vie.
Le gris des murs : trois haïkus contemporains
Considérations préliminaires
Si tu privilégies la forme, tu es grammairien
Si tu privilégie le fond : un exégète
Si tu donnes l’émotion… un poète.
Rubans
Automobiles en files
Les rubans d’asphaltes muselant le sol
La saison est unique en ville.
Murs
Les murs s’amoncèlent
Cubiques ou rectangulaires
Aucun en forme d’arbres.
Gris
Vitres des immeubles
Miroirs du ciel enfumé
Se reflètent sur les lunettes.
Poèmes
Bouquet de fleurs
La leçon des fleurs
C’est comprendre que le bonheur
Est comme le printemps :
Il revient toujours avec le temps
Réflexion...
L'eau ne peut être tenue
Elle doit être bue
L'amour sans objet est vain
Il doit être donné à son frère humain...
Voyageur
Un voyageur n’est jamais solitaire
Brille sur lui une douce lumière
A l’éclat venu des étoiles
Qui, au niveau du regard, se dévoile.

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