Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /2006 20:54

 

La parabole du Baobab.

 

 

 

Etude d'un passage du Petit Prince.

 

 

 

 

        L’enfance : période où les yeux s’ouvrent sur le monde, connaît des émerveillements. La lecture est le rêve devenu mots donnant vie à cet émerveillement. Décrire la sagesse en mots accessibles - riches d’humanité pour la jeunesse comme pour l’âge adulte - est la force de quelques livres comme le Petit Prince.

 

 

        Au cours de sa lecture, le héros quitte son petit astéroïde, vole de planète en planète en découvrant de nouvelles catégories d’hommes comme le roi, le vaniteux, l’ivrogne…

 

 

 

        On peut se demander ce que sont ces planètes, ses volcans et ses roses, mais aussi ses baobabs qui - si l'on ne prend pas garde - peuvent faire exploser la planète.

 

 

Mais les graines sont invisibles. Elles dorment dans le secret de la terre jusqu'à ce qu'il prenne fantaisie à l'une d'elles de se réveiller. Alors elle s'étire, et pousse d'abord timidement vers le soleil une ravissante petite brindille inoffensive. S'il s'agît d'une brindille de radis ou de rosier, on peut la laisser pousser comme elle veut. Mais s'il s'agit d'une mauvaise plante, il faut arracher la plante aussitôt, dès qu'on a su la reconnaître. Or il y avait des graines terribles sur la planète du petit prince... c'étaient les graines de baobabs. Le sol de la planète en était infesté. Or un baobab, si l'on s'y prend trop tard, on ne peut jamais plus s'en débarrasser. Il encombre toute la planète. Il la perfore de ses racines. Et si la planète est trop petite, et si les baobabs sont trop nombreux, ils la font éclater.

 

« C'est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s'astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu'on les distingue d'avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont très jeunes. C'est un travail très ennuyeux, mais très facile. »

 

 

 

 

        C'est ce que j'appelle la parabole du Baobab. Et si le monde où nous vivions n'était autre que notre cœur ? La planète où vit le personnage isolé au caractère singulier n'est-il pas notre monde imaginaire, solitaire ? Et cette grande Terre l'endroit où l'on peut se rencontrer pour apprivoiser des amis ?

 

 

 

        Le baobab sur la planète ne serait-ce pas alors nos défauts, nos paresses vis-à-vis de nous-mêmes, qui, si nous ne prenons pas gardes, peuvent grandir jusqu'à nous envahir, jusqu'à rendre notre coeur-planète stérile, et finalement, nous faire mourir… Car sans amour à donner, sans terre pour abriter les fleurs, comment recevoir les roses ?

 

 

 

        Nous devons sans arrêt surveiller notre coeur pour en extraire les défauts qui, au départ semblent minuscules, et ensuite sont immenses. Le paresseux n'a plus d'espace intérieur pour vivre...  

 

 

 

 

 

 

                Jean-Yourigif animé renards-06.gif

 

 

 

Par Jean-Youri - Publié dans : Textes lus
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