Mercredi 22 mars 2006 3 22 /03 /2006 18:35

 

Sagesse de l’amour

 

 

 

 

             Est-il possible d'élaborer une sagesse de l'amour en cet âge de fer et d'angoisse, de captivité de nos propres désirs : où l'acier et le PVC nous aliènent non par le travail mais par le loisir ? Où l'angoisse vendue sous un label mondialisé : "stress", ne génère aucun spleen mais toutes les névroses ?

  

 

 

          Brisez la clôture du monde ! Le monde, à l'étroit dans ses frontières matérielles, a besoin de mythes, rêves et poésies. Le désenchantement du monde est l'écho d'un silence : celui des rêves.  Brisez la clôture du monde ! Ecrivez. Vivez vos rêves. Osez aimer. Portez à vos lèvres la coupe des sentiments pour apaiser votre soif de tendresse.

  

 

 

Mesure :

  

 

 

            La sérénité, le calme et la tempérance, la mesure. Mesurer ses actions pour ne pas agresser autrui malgré les sentiments de colère…L’idéal de la sophrosune (maîtrise de soi) grec est également mon idéal. Ma mère m’a confié un jour un poème, belle page de papier sous une plaque de verre installé dans mon bureau.  Je ne cesse de me rappeler celui-ci chaque fois que je vois des êtres se déchirer pour ce qui n’est, devant notre condition mortelle, que des futilités.

 

            Si…

 

 

 

 

 Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

 Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties

                         Sans un geste et sans un soupir ;

 Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

 Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre

 Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

                         Pourtant lutter et te défendre ;

 

 

  Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

 Travesties par des gueux pour exciter des sots,

 Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

                         Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

 Si tu peux rester digne en étant populaire,

 Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

 Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

                         Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

 Si tu sais méditer, observer et connaître

 Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

 Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

                         Penser sans n’être qu’un penseur ;

 Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

 Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

 Si tu peux conserver ton courage et ta tête

             Quant tous les autres les perdront,

 Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

 Seront à tout jamais tes esclaves soumis

 Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

                         Tu seras un homme, mon fils.

 

 

                                     R. KIPLING

 

Miséricorde :

 

 

 

 

             Trop souvent, le choix de la colère conduit à des déchirures d’êtres fait pour s’apprécier, se respecter, se découvrir. Trop souvent, l’oubli de notre condition humaine et de nos faiblesses oppose des individus et aboutit à méconnaître le don du pardon, la miséricorde. Valeur spirituelle, valeur humaine, valeur essentielle.

            Dans la religion juive existe la fête du kippour, du pardon. En faculté d’histoire à Aix-en-Provence, mon professeur de judaïsme antique et médiéval, le très humain Jean-Marc CH., nous apprît sa  signification. Lorsqu’un individu reconnaît avoir offensé un autre il doit se présenté à sa porte et lui demander pardon. L’autre a le droit de refuser. Si l’offenseur se présente une seconde fois pour demander pardon, l’autre peut encore refuser. Mais si l’offenseur se présente une troisième fois pour accomplir cet acte, si l’autre refuse à son tour d’accorder son pardon, alors, il doit à son tour demander pardon. La démarche de demande, se présenter à l’autre en reconnaissant ces fautes a un aspect humiliant car elle place un individu en situation d’infériorité. Persister dans le refus du pardon s’est s’exposer soi-même à accomplir une offense.

             La dimension humaine de la miséricorde devient également  divine avec le sacrifice librement consenti par amour du Christ innocent dans la conception chrétienne. Tous les êtres, sans exception, peuvent être pardonnés, car tous sont aimés, au-delà même de la raison. C’est la folie humaine, et sagesse divine. Sagesse d’Amour.

 

                        Jean-Youri

 

 

 

 

 

Par Jean-Youri - Publié dans : Sagesse et pensées
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Commentaires

J'aime beaucoup ce poème de Kipling, il montre bien toute la difficulté à être une personne humaine. Oui, le pardon est nécessaire, et pourtant qu'il est parfois difficile à accorder ou à obtenir. Enfin, vive l'amour!
Commentaire n°1 posté par Clair d'étoile le 23/03/2006 à 09h09
Vive l'amour. Il ne peut  être de plus belle maxime ni de plus belle invitation, petite soeur :) 
Réponse de Jean-Youri le 23/03/2006 à 20h00

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