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 Esprit du blog :

         A tous mes amis,

              ce blog vous est destiné. Je vous accueille avec joie et amitié dans ce blog où vous trouverez mes récits de voyages, les petits et grands événements de ma vie, mais aussi les textes de mes oeuvres écrites ainsi que mes photographies.

      Vous pouvez répondre par vos messages aux différentes rubriques. Je ne donne pas les noms, et parfois même pas les prénoms, des personnes par souci de protéger vos vies privées. Dans le même esprit si vous vouliez une modification n'hésitez pas à me joindre.

           Si par contre, vous souhaitez enlevez votre anonymat, vous en avez également la possibilité.

           J'espère que vous éprouverez du plaisir à la lecture  de ce blog.

Genre du blog :

         Le blog est destiné à recevoir des textes et photographies, etc... avec le plus possible de soin littéraire et de sensibilité. De l'enfant que j'ai été à l'adulte que je suis devenu, un héritage a été transmis : l'amour et le plaisir des arts. Le nom du blog : Muses astrales est une révérence et une offrande aux déesses des arts.  Efforçons nous d'être digne de nos rêves...

 

 

 

Lundi 18 septembre 2006

 

La symphonie pastorale d’André Gide

 

 

            Il est de petits livres ciselés comme des diamants, dans l’éclat lumineux de leur simplicité. Ainsi cet extrait en début de livre.

 

« Le soleil se couchait et nous marchions depuis longtemps dans l’ombre, lorsque enfin ma jeune guide m’indiqua du doigt, à flanc de coteau, une chaumière qu’on eût pu croire inhabitée, sans un mince filet de fumée qui s’en échappait, bleuissant dans l’ombre, puis blondissant dans l’or du ciel. J’attachai le cheval à un pommier voisin, puis rejoignis l’enfant dans la pièce obscure où la vieille venait de mourir. »

 

 

            La beauté du lieu, son drame intime, se livre par petites touches. Il semble que chaque mot dévoile un symbole : le pommier, arbre des origines et du paradis perdu, et pourtant évocation d’un quotidien calme ; le drame résumé en quelques mots et rejeté en fin de phrase contraste avec la description de la beauté des choses et de la nature.

            De même, tout au long de l’ouvrage le thème de la route obstruée de neige se retrouve. Il accompagne la cécité de l’aveugle. La correspondance entre la route coupée et la cécité, le lent travail du pasteur sur l’aveugle et la progressive fonte des neiges, puis l’opération où Gertrude retrouve la vue et l’été lumineux… Tout cela noue ensemble le drame vécu et la nature, mais le lecteur doit comprendre des relations. Car il ne suffit pas de voir pour connaître, ni de connaître pour comprendre.

 

           

« La voisine prit alors la chandelle, qu’elle dirigea vers un coin de foyer, et je pus distinguer, accroupi dans l’âtre, un être incertain, qui paraissait endormi ; l’épaisse masse de ses cheveux cachait presque complètement son visage. »        

 

 

            L’obscurité semble s’amonceler sur cet être : la nuit au dehors, la pièce est obscure, la personne a le visage caché, enfin elle est aveugle. Cependant, au-delà de cette accumulation de ténèbre, l’endroit où elle se trouve est symbole : l’âtre est l’endroit où naît la lumière.

            L’ambiguïté de la situation se dévoile dans le fait d’avoir besoin de la lumière pour montrer l’aveugle. En cela, il est montré que nous sommes nous aussi occasionnellement aveugle, plongé dans l’obscurité d’une pièce ou de la nuit. Alors, nous avons besoin des autres pour nous guider et des objets pour nous éclairer. Nous sommes, sans les autres, des aveugles. Aussi, nous nous éveillons à la lumière par l’amour des autres :

 

« Tout le long de la route, je pensais : dort-elle ? Et de quel sommeil noir… Et en quoi la veille diffère-t-elle ici du sommeil ? Hôtesse de ce corps opaque, une âme attend sans doute, emmurée, que vienne la toucher enfin quelque rayon de votre grâce, Seigneur ! Permettrez-vous que mon amour, peut-être, écarte d’elle l’affreuse nuit ?... »   

 

 

            Le mutisme, ne rien confier aux autres, c’est aussi ne rien donner aux autres, les priver de lumière et se transformer soi-même en prison.

 

 

            Mais quelles passerelles construire pour amener de l’ombre vers la lumière une conscience ?

 

            « Tu veux commencer de construire, me dit-il, avant de t’être assuré d’un terrain solide. Songe que tout est chaos dans cette âme et que même les premiers linéaments n’en sont pas encore arrêtés. Il s’agit, pour commencer, de lier en faisceau quelques sensations tactiles et gustatives et d’y attacher, à la manière d’une étiquette, un son, un mot, que tu lui rediras, à satiété, puis tâcheras d’obtenir qu’elle redise. »

 

 

Nos apprentissages se basent sur nos sens et notre entendement. Relier les deux, c’est passer de la sensation à l’abstraction, de l’instant à la réflexion.

 

            Le roman commence en hiver, et le sort que la neige fait subir aux hommes, il semble que ce soit ce que la cécité fasse subir à la jeune aveugle Gertrude. La comparaison avec la neige fonctionne comme une parabole. Les différents niveaux de lecture, de correspondance de l’histoire : naturelle, humaine, spirituelle, se jouxtent et se répondent autour des deux thèmes de la lumière/aveuglement, et de l’amour spirituel et humain. La confusion entre ces domaines entraînera le drame final.  

 

« Le 5 mars. J’ai noté cette date comme celle d’une naissance. C’était moins un sourire qu’une transfiguration. Tout à coup ses traits s’animèrent ; ce fut comme un éclairement subit, pareil à cette lueur purpurine dans les hautes Alpes qui, précédant l/’aurore, fait vibrer le sommet neigeux qu’elle désigne et sort de la nuit ; on eût dit une coloration mystique ; et je songeai également à la piscine de Bethesda au moment que l’ange descend et vient réveiller l’eau dormante. J’eux une sorte de ravissement devant l’expression angélique put prendre soudain, car il m’apparut que ce qui la visitait en cet instant n’était point tant l’intelligence que l’amour. »

 

 

Le degré de lecture de l’ouvrage peut même être accru en se rappelant l’allégorie de la caverne de Platon. La sensation secondée par l’imagination conduit à donner sens au monde qui nous entoure. Mais l’insuffisance de nos sens ne permet pas toujours d’accéder à l’intelligibilité d’un monde différent de nos perceptions.

 

 « Elle me raconta plus tard, qu’entendant le chant des oiseaux, elle l’imaginait alors un pur effet de la lumière, ainsi que cette chaleur même qu’elle sentait caresser ses joues et ses mains, et que, sans du reste y réfléchir précisément, il lui paraissait tout naturel que l’air chaud se mit à chauffer, de même que l’eau se mit à bouillir près du feu. »

 

 

                Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : Textes lus
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Lundi 28 août 2006

 

J’évade n°5… Paris (théâtre)

 

 

            Voyager… de corps ou d’esprit ? Peut-être les deux pour que l’altérité reflète pleinement notre commune humanité. De Troyes à Paris, le train avale cette distance en moins de deux heures. Alors, les enchantements de la Ville lumière se livrent à ceux qui aiment et osent parcourir la capitale des Lettres, ville lumière.

            Parmi les activités culturelles, le théâtre donne vie par la parole à l’imaginaire. Là où les mots semblent parfois pédants et désuets sur le papier, ils deviennent, s’enracinant dans le cœur et s’incarnant dans le chœur de parole : force, vie, chocs.

            Cette année m’a permis d’aller au théâtre, peut-être parce qu’un excès de travail suscite l’envie de loisirs extraordinaires.

           

 

            La lecture d’Eric Emmanuel Schmidt – L’Evangile selon Pilate – m’a enthousiasmé. Découvrir par les informations télévisées que le livre était adapté au théâtre du vieux Colombier par Jacques Weber a permis à un trio d’amis de partir à la découverte du geste et de la voix de l’acteur. L’Evangile selon Pilate est écrit de façon fluide, après une première partie contant les pensées intimes –l’intériorité féminine, généreuse, maternelle – de Jésus, une seconde partie raconte en détail la recherche logique, soucieuse de vérité et implacable dans sa rigueur, de Ponce Pilate pour comprendre la disparition du corps de Jésus de son tombeau. De raisonnements en preuves, il aboutit à la suite d’un enchaînement d’argumentations et de démonstrations sans failles ni complaisances à la conclusion de la divinité de Jésus. Le logicien Pilate, première personne à avoir cru sans voir, ne serait-il pas le premier des chrétiens ?

            Jacques Weber prête sa stature et sa voix, dans un décor sobre, à ce Ponce Pilate. Racontant réflexions avec son secrétaire et entrevues, il endosse en relatant les discussions, les voix et les personnalités de plusieurs autres protagonistes. La pièce en elle-même bénéficie d’un scénario sans faille. Les deux personnages – Pilate et son secrétaire –jouent à la perfection. Imaginez J. Weber, tassé sur lui-même, dans une lumière bleutée adoucissant ses traits, faire parler la Vierge Marie pour conter son cœur de femme aimante, de mère digne et belle de toute son intériorité. Et l’homme Jacques Weber, l’acteur Weber, devient femme et mère. Et l’émotion est intense.

            Et le public dans tout cela ? La salle surchauffée a plongé dans l’assoupissement l’un des spectateurs. Mais, mes yeux fixés sur l’action, je vivais la vie jouée, buvant la sève de l’imagination…

 

            Bien plus tard. Malgré les bouchons, la foule, la marche précipitée, me voici avec mon amie professeur de français Marie B au théâtre de la Gaîté. Cette annexe de la Comédie française offre la première version de Tête d’Or, la pièce de Paul Claudel. Allais-je aimer cet auteur difficile dont je savais déjà par expérience que le théâtre filmé était trop abstrus pour être plaisant ? Mon amie Annabelle, assise entre Marie B. et moi, disait que ni l’une ni l’autre ne bougeait. Nous étions fasciné… Les vers de Claudel ne sont pas aisés. Quelques uns des spectateurs présents pour cette grande pièce de quatre heures ne sont pas revenus pour la seconde partie. Et pourtant, quel souffle ! Quelle force !! Quelle puissance d’évocation !!! Tête d’Or, ou le défi de l’impossible, la volonté de transgresser en provoquant la mort et en trouvant PLUS qu’elle.

            L’acteur jouant Tête d’Or est un colosse, musclé, doté d’un torse triangulaire aux larges épaules et aux jambes moulées. Il porte la pièce, il porte les acteurs. Ceux-ci jouent, mais réalisent aussi dans leurs gestes emplis de beauté, de vie presque animale (grimer/gravir/porter… creuser, lutter, bouger) une chorégraphie.

            L’arbre noir, tronc renversé dont les racines semblent former une couronne d’épine, occupe le devant de la scène. Devant cette vie spirituelle, ou chaque mot est entre allusion et évocation, comment ne pas voir une pluralité de sens pour cet arbre. Sa disposition même évoque l’ikebana, alliant la branche morte et les plantes vivantes sises au pied de ce tronc. Mais cet arbre c’est aussi l’arbre de la Croix, l’arbre de vie…l’ascension vers Dieu et le renversement de l’ordre établi…

            Polysémique, il est difficile de résumer l’œuvre… Elle doit être lu pour que sa richesse parle à chacun. Elle doit être vue aussi, car lorsque le texte se marie aux gestes, d’autres interprétations surviennent… La sensualité physique, textuelle…la force sensuelle de l’œuvre s’incarne.

            Le sens d’un mot ne se réduit pas à l’assemblage des lettres, au déchiffrage de syllabes. Et les œuvres denses comme celles de Claudel permettent mieux de comprendre en quoi un texte n’est pas secret, mais clé. Car la richesse de sens n’enferme pas l’esprit, mais lui montre des chemins…

           

            Troisième pièce… Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. La pièce est célèbre, les tirades épiques connues de tous. La Comédie française était comble jusqu’au dernier fauteuil. Nous avons été placé en hauteur, mais aussi hélas en coin. Toute la salle n’était pas visible de cet angle de la salle.

            Le premier acte avait été modifié dans l’adaptation de Polydalès. Des vers avaient été rajoutés, modifiés alors que l’écran diffusait les visages d’anciens sociétaires de la Comédie française. Théâtre dans le théâtre à la façon de l’Illusion Comique de Corneille, ce premier acte est un hommage à cette passion commune du théâtre.

            Puis, l’épique splendide, le panache, la profusion et le lyrisme, l’humour et la verve. Edmond Rostand donne à sa pièce tout l’héritage des pièces passées ; il résume et reprend, dans un flamboiement verbal, ces traditions dont pourtant on sent, qu’après lui, il ne sera plus possible de les reprendre. Maîtrise de l’héritage et adieu au passé semble se confondre. Le fauteuil sur lequel s’assoit Cyrano au dernier acte ressemble tant à celui sur lequel est mort Molière…

 

 

            Tous ces spectacles sont vivants en nous. L’Imaginaire de l’être humain lui ouvre les portes d’un monde de pensées, de gestes, de vie, de voix.   

 

                   Jean-Youri

 

par Jean-Youri publié dans : Voyage
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Mercredi 23 août 2006

 

 

                            Le sourire d’une femme

 

 

 

L’oiseau blessé, dans son chant de mort

 

Appelle le souvenir de ses joies pour guérir ses plaies

 

Mais il ne reste que les larmes, la douleur et le laid

 

Le froid qui lentement s’insinue dans son corps.

 

 

L’amour inassouvi demande au sourire

 

De le rassurer, de conforter ses sentiments.

 

Hélas les rêves sont une autre forme de tourments

 

Les désirs des nuits sont les désillusions du jour. 

 

 

L’oiseau blessé meurt, et ses joies s’éteignent

 

Ses souvenirs et ses larmes autant que son sang, saignent

 

Aimer sans être aimer c’est mourir.

 

 

L’avez-vous vu ? Le sourire d’une femme…

 

Avez-vous tremblé jusqu’au fond de votre âme ?

 

Etes vous devenu amoureux par un sourire ?

 

                        

          Jean-Youri   

 

par Jean-Youri publié dans : L'envol de l'âme : poèmes, prose...
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Mercredi 23 août 2006

 

  Bonjour à toutes et à tous,

 

         décidément, ma connexion et mon ordinateur semblent conjuguer leurs efforts pour me priver d'accès à Internet. Peut-être est-ce résolu aujourd'hui ? Je l'espère...

        Je tenterai donc de mettre plusieurs articles bientôt, merci de votre patience.

 

                Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : Vie du Blog
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Dimanche 13 août 2006

 

Dernier vagabondage

 

 

       Les fleurs se fanent,

 

       Les pétales emportés

 

       Brillent au soleil.

 

 

       Jean-Youri

 

 

par Jean-Youri publié dans : L'envol de l'âme : poèmes, prose...
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Samedi 12 août 2006

Ombre chaude

 

 

       Sous l’arbre massif

 

       L’ombre chaude retentit

 

       De chants : cigales.

 

 

           Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : L'envol de l'âme : poèmes, prose...
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Vendredi 11 août 2006

 

Neige de Maxence FERMINE

 

 

            Petit livre, premier livre de Maxence Fermine, Neige conte une histoire dans le Japon du XIX siècle : celle du jeune poète Yuko désireux d’écrire des haïkus. Mais sa famille lui offre le choix d’être prêtre ou guerrier. Il doit partir sur l’ordre de son père dans les montagnes trouver sa vocation ; à son retour, il ramène la passion de la neige.

            Ses haïkus seront désormais consacrés à la neige. Le poète de 17 ans n’écrit que 77 haïkus (poèmes de 17 syllabes), tous en hiver. Beaux, mais blancs, les haïkus attirent l’attention du poète officiel de la cour. Pour affirmer son art, Yuko doit partir auprès du poète, musicien, danseur, calligraphe et funambule Soseki pour apprendre l’art de la couleur. Cependant, Soseki est aveugle !

            Ancien guerrier écoeuré de la guerre, il a découvert l’amour d’une française funambule. A sa mort, il est devenu aveugle et poète.

            Yuko, durant son périple dans les Alpes japonaises, a retrouvé le corps de la funambule lentement rehaussé de son sarcophage transparent vers la lumière. Il emmènera, pour son dernier voyage, le vieux poète aveugle retrouver celle qu’il aimait : « Neige ». Yuko continue son voyage.

            Au retour, la couleur parcourt ses haïkus, et la jeune femme qu’il aimait « flocon de neige » s’avère être la fille de Soseki et de Neige.

           

            Les chapitres sont courts, ciselés, confiant avec retenue l’histoire d’amour de l’art et de la femme, de la neige et du voyage. Ces 54 chapitres courts, organisés en trois parties –tout comme le haïku en trois vers – culminent, se synthétisent en ce dernier chapitre :

            « Et ils s’aimèrent l’un et l’autre

            Suspendus sur un fil

            De neige. »   

 

La poésie du haïku se livre, en ce livre. Il est comme un chemin pour comprendre ce qu’est cette forme de poésie.

           

            Au début des 1ers chapitres, un haïku est présent. Ce livre permet donc de se familiariser avec aisance à cet art difficile, simple d’apparence…

 

            Le mot-saison, comme la neige, qui doit apparaître ; la fulgurance d’un moment : comme la vision d’un sein blanc d’une jeune fille puisant de l’eau à la fontaine… mais aussi le côté intemporel, éternel, des montagnes.

            Le haïku est un poème japonais. Peut-il se marier avec l’Occident ? La funambule française, puis flocon de neige, sont les réponses affirmatives de l’auteur.

            L’image du funambule est très belle : elle évoque peut-être malgré elle celle présente dans Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche.

 

Voici un extrait :

 

            « En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. […] Non, le plus difficile pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe.       

                       Jean-Youri 

par Jean-Youri publié dans : Textes lus
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Jeudi 10 août 2006

 

Aigrette

 

 

       L’aigrette, perchée

 

       Contemple dans le fleuve

 

       Les poissons d’argent.

 

 

Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : L'envol de l'âme : poèmes, prose...
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Mercredi 9 août 2006

 

Iles

 

       Le fleuve sinue

 

       Portant des îles vertes

 

       Sur ses miroirs bleus.

 

Jean-Youri

par Jean-Youri publié dans : L'envol de l'âme : poèmes, prose...
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Mardi 8 août 2006

 

Voyage

 

 

       L’arbre élancé

 

       Laisse tomber ses branches

 

       En pluie de feuilles

 

 

          Jean-Youri

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Présentation

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Texte libre

 

Poème triste

 

 

 

 

 

J’ai gardé une larme

 

Pour le dernier jour de ma vie

 

Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres

 

 Ni lorsque ma jambe s’est brisée.

 

 

 

 

 

Elle n’a pas coulé aux moqueries

 

De mes camarades

 

Devant mes boucles blondes

 

Et mes joues d’enfant.

 

 

 

 

J’ai gardé cette larme

 

Malgré les gelures de l’hiver

 

 Et l’éloignement des amis.

 

 

 

 

J’ai conservé cette larme

 

Malgré mes lâchetés et mes regrets,

 

Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.

 

 

 

 

Cette ultime larme,

 

Face à la mort de mon père

 

Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…

 

 

 

 

 

Il ne me reste plus rien.

 

Mes rires se sont tus

 

Mes mains tremblent sans agir

 

Ma voix est devenue un long gémissement.

 

 

 

 

 

Il ne me reste que cette larme

 

Ce n’est pas une larme de peine ou de regret

 

 C’est une larme de joie

 

Qu’enfin tout soit fini

 

         Au soir de ma vie.

 

 

 

                   Jean-Youri

 

 

 

Texte libre

 

   

 

 D’autres poèmes,

 

 

 

                     Pour l’amour des êtres, des lettres.  

    

 

Aile

 

 

 

 

        Comme une hirondelle

       Qui nous annonce le printemps

 

 

         De ses ritournelles

        Et de son ventre blanc

 

 

 

 

 

        Vole... une lumière d’argent

        Et son chant de joie, étincelant.

 

 

 

 

 

 

Encre de Chine

 

       Le trait s’allonge tel un cil

 

        Les traits se succèdent, sont  chevelure…

  

        Là, bouche ronde. Là, yeux durs.

        Le volume prend forme gracile.

 

 

 

       Sur la feuille de riz l’encre de Chine

 

 

        Peint village, sentier et oiseau,

        Une lune ronde contemplant l’eau

        Et la joie des hommes nommée vigne.

       

 

 

 Encre

 

        Ombre noire, tordue en lianes

        Entortillées, enroulées sous le stylet

        En boucles, barres et lacets

        Comme des volutes d’opiomanes.

       Rêves brûlés, que l’on fait encre

        Ou poison des amoureux.

        Tracés où se complaisent l’âme et les yeux

        Donnant l’amour, la mort et le sacre.

 

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Emporté

 

 

 

 

 

       Déception et colère

        Comme deux vents amers.