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         A tous mes amis,

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         Le blog est destiné à recevoir des textes et photographies, etc... avec le plus possible de soin littéraire et de sensibilité. De l'enfant que j'ai été à l'adulte que je suis devenu, un héritage a été transmis : l'amour et le plaisir des arts. Le nom du blog : Muses astrales est une révérence et une offrande aux déesses des arts.  Efforçons nous d'être digne de nos rêves...

 

 

 

Dimanche 12 mars 2006

 

Juillet-août 2005

JIM n° 1

 

 

 

Introduction : Jazz in Marciac

Partir, c?est ouvrir son c?ur et son esprit au monde. Parfois, c?est aussi ouvrir ses oreilles. Le festival de jazz à Marciac consiste en tout cela à la fois.

Comment la petite ville du Gers est-elle devenue un moment de joie musical et d?ouverture aux autres ? Tout simplement car la musique est un langage universel. Elle fait côtoyer les accents américains et brésiliens, le blues et le funk, les blancs et les noirs (hommes, femmes et notes), car le son des rires, comme les notes de musique, ne connaissent ni frontières ni racisme.

 

             Pourquoi dire tout cela ? Parce que j?ai vécu, et je vis, un moment de mondialisation réussie. Plutôt que d?entrer dans des théories et des polémiques folles et intellectuellement masturbatrices, je vais vous raconter ce beau quotidien.

 

 

 Arrivée à Vic Fezensac

 

            De Troyes, de la Ciotat, amis et parents se retrouvent. Le voyage est long mais heureux sous un ciel assez clément pour épargner les grosses chaleurs. Le paysage change, les vallées brûlées de soleil, les collines dévastées par les incendies estivaux, les bastides de pierres appelées bories? Et aussi l?autoroute : un long ruban gris où s?amoncellent voitures et quelques camions. Un arrêt déjeuner sur une aire : les croissants sont pris d?assaut par une horde de touristes affamés. Peu importe, bientôt le Gers et ses foies gras mi-cuit à la confiture d?oignon accompagnés d?un verre de pasherenc, ses confits de cuisse de canard à la peau croustillante, ses magrets à se pâmer, son melon au floc?

            Nous sommes arrivés à bon port le dimanche. La chambre d?hôte est agréable. La piscine renvoie des reflets bleus appelant à lézarder au soleil. Mais? le plaisir sensuel est aussi celui de l?audition. Nous sommes arrivés plus tôt pour bénéficier du festival de Salsa de Vic Fezensac. La localité n?est pas vraiment à côté. Les détours des routes suivent les champs. On croit tourner à gauche en haut de la route, et c?est à droite qu?il faut obliquer. Quelques tracteurs, immenses et hauts perchés, se déportent pour nous laisser passer. Un petit coucou de la main pour les remercier et nous arrivons à la ville.

            Vic Fezensac : des boutiques, beaucoup, et de tout et n?importe quoi. Nous les retrouverons le lendemain à Marciac, pour le début du festival de jazz. Les rues sont populeuses, encombrées de héros fatigués aux longs cernes sous les yeux. Ils en sont déjà au quatrième et dernier jour de salsa. Néanmoins, les gens dansent. Ils dansent sur les petites places, au son des hauts-parleurs ; ils dansent dans les bars, au rythme des orchestres ; ils dansent à proximité des arènes, sous le chapiteau abritant le spectacle des écoles de salsa. Là, des danseurs noirs à l?accent chantant afro-américain mâtiné de français, mènent la chorégraphie.  « Hi han » scande l?un d?eux pour marquer les pas, tout en faisant virevolter sa partenaire. Les pas s?enchaînent, se déchaînent. « Ghawa » crie l?un d?eux en levant le bras. « Ghawa » reprennent les autres, et les voilà parti en duos tourbillonnant.

            C?est la course folle aux informations. Le distributeur de dépliants roses est juste devant moi, jamais à portée de vue, jamais très loin. Je fais le tour des arènes, je retrouve le couple de mes parents avec le dépliant à la main. Je l?avais aussi, pris au stand d?une cabane de bois bordant l?entrée des arènes.

            Des baraques, des bars mais aussi des scènes sont présents. L?un d?entre eux diffuse du steel drum, c?est-à-dire qu?une bande de joyeux drilles habillés de costumes aux couleurs voyantes tapent sur des bidons déformés, retravaillés, et dont les sons clairs évoquent les Antilles. C?est un héritage des bidons de l?US Army laissé aux îles ensoleillées. Les Antillais s?en sont servis pour obtenir des instruments de musique. Selon que l?on tape sur le bord ou au centre de l?ancien bidon de forme plus ou moins évasé, on obtient une tonalité différente. Le rythme d?ensemble, l?entrain joyeux forment la musique gaie et colorée.

            Le temps de se restaurer : un verre de floc, quelques sandwichs au magret de canard - Gers oblige - et nous voici avec de nouveaux amis que nous retrouverons de loin en loin et de proche en proche le long du festival. Elles me barbouillent les joues de rouge à lèvre pour me dire bonjour. Nous parlons. L?heure est venue de prendre les places pour le spectacle.

            Le prix d?un billet ? 30 euros. Le lieu ? Les arènes. Le spectacle ? Le thème est ce soir la salsa japonaise ! C?est avec elles que je vais découvrir la salsa, le merengue (salsa plus lente), le Chachacha...

            Elles, ce sont les 10 japonaises du groupe Son Reynas. Des tigresses bondissantes avec une énergie à mettre le feu à l?océan. En costume japonais, elles dansent, parlent un français hésitant et se présentent avec humour. « Je suis Hichiro, je sais imiter la grenouille ! » « J?aime l?armagnac? ». Les rappels se succèdent. L?animateur qui voulait présenter l?autre groupe est hué. Il faut les rappeler, encore et encore.

            Cela danse encore et encore. Les japonaises comme les spectateurs. Ceux qui ne sont pas sur les gradins où des gardes surveillent que nous ne prenions pas de photos, sont sur la piste de l?arène. Ils sont serrés comme des sardines, et trémoussent quand ils ne peuvent pas danser en s?enroulant sur eux-mêmes. L?ambiance est hot, hot, hot?

            Quelques minutes de pause à Tempo Latino, le temps de quérir dans la bousculade ce qui ressemble à une pression, de revenir dans l?arène où les danseurs profitent de l?espace retrouvé pour danser au son des hauts parleurs, et me voici sur les gradins. L?orchestra de la Luz est annoncée. Des japonais, et la chanteuse japonaise qui reçoit le prix de Tempo Latino pour son effort de diffusion de la salsa au pays du soleil levant (le drapeau japonais est déployé sur le devant de la scène). Elle se démène, sensuelle et vibrante, dans ses danses et dans sa voix. La voici suggestive, et là tendre. Là elle dédicace en espagnol sa chanson à la paix. Là, joie de chanter et de danser tout simplement.

            Le moment de partir est hélas venu. Il est très tôt le matin. La route à lacets déroulent ses pièges et suscitent la vigilance. Enfin et hélas, le lit. Tomber après s?être déshabillé, dormir, et multiplier les rêves de Japonaises lascives et agitées?

 

 

 

   

 

 

par Jean-Youri publié dans : Voyage
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Texte libre

 

Poème triste

 

 

 

 

 

J’ai gardé une larme

 

Pour le dernier jour de ma vie

 

Je ne l’ai pas versé aux cris de mes maîtres

 

 Ni lorsque ma jambe s’est brisée.

 

 

 

 

 

Elle n’a pas coulé aux moqueries

 

De mes camarades

 

Devant mes boucles blondes

 

Et mes joues d’enfant.

 

 

 

 

J’ai gardé cette larme

 

Malgré les gelures de l’hiver

 

 Et l’éloignement des amis.

 

 

 

 

J’ai conservé cette larme

 

Malgré mes lâchetés et mes regrets,

 

Mes soupirs d’enfants vendus au monde d’adulte.

 

 

 

 

Cette ultime larme,

 

Face à la mort de mon père

 

Je l’ai gardé, alors que j’ai versé toutes les autres…

 

 

 

 

 

Il ne me reste plus rien.

 

Mes rires se sont tus

 

Mes mains tremblent sans agir

 

Ma voix est devenue un long gémissement.

 

 

 

 

 

Il ne me reste que cette larme

 

Ce n’est pas une larme de peine ou de regret

 

 C’est une larme de joie

 

Qu’enfin tout soit fini

 

         Au soir de ma vie.

 

 

 

                   Jean-Youri

 

 

 

Texte libre

 

   

 

 D’autres poèmes,

 

 

 

                     Pour l’amour des êtres, des lettres.  

    

 

Aile

 

 

 

 

        Comme une hirondelle

       Qui nous annonce le printemps

 

 

         De ses ritournelles

        Et de son ventre blanc

 

 

 

 

 

        Vole... une lumière d’argent

        Et son chant de joie, étincelant.

 

 

 

 

 

 

Encre de Chine

 

       Le trait s’allonge tel un cil

 

        Les traits se succèdent, sont  chevelure…

  

        Là, bouche ronde. Là, yeux durs.

        Le volume prend forme gracile.

 

 

 

       Sur la feuille de riz l’encre de Chine

 

 

        Peint village, sentier et oiseau,

        Une lune ronde contemplant l’eau

        Et la joie des hommes nommée vigne.

       

 

 

 Encre

 

        Ombre noire, tordue en lianes

        Entortillées, enroulées sous le stylet

        En boucles, barres et lacets

        Comme des volutes d’opiomanes.

       Rêves brûlés, que l’on fait encre

        Ou poison des amoureux.

        Tracés où se complaisent l’âme et les yeux

        Donnant l’amour, la mort et le sacre.

 

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Emporté

 

 

 

 

 

       Déception et colère

        Comme deux vents amers.

        Lorsque, le temps d’un message,

        L’autre laisse éclater sa rage.

 

 

 

 

       Où est la folie ?

        Celui qui hurle,

        Tempête et bouscule ?

        Où celui qui, calme, lit ?

 

                Jean-Youri

 

 

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